Vaccins anti-Covid : Emmanuel Macron se dit "tout à fait favorable" à la levée des brevets

Vaccins anti-Covid : Emmanuel Macron se dit "tout à fait favorable" à la levée des brevets
Emmanuel Macron le 6 mai 2021 à Paris.

publié le jeudi 06 mai 2021 à 13h44

Le chef de l'Etat était jusqu'ici réticent à la levée des brevet pour les vaccins anti-Covid. Mais la prise de position de Washington en ce sens semble l'avoir fait changer d'avis.

Saluée par l'Organisation mondiale de la Santé, la nouvelle n'a en revanche pas plu à la Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique : les Etats-Unis ont annoncé mercredi 5 mai qu'ils étaient favorables à la levée des brevets sur les vaccins anti-Covid.

Une prise de position exceptionnelle à l'heure où les pays pauvres manquent cruellement des précieuses doses, suivie par Bruxelles, qui s'est dit "prête à discuter" sur le sujet, et Emmanuel Macron.



En déplacement dans le sud de Paris pour l'inauguration d'un premier grand vaccinodrome Porte de Versailles, le président français s'est dit jeudi 6 mai "tout à fait favorable à ce que la propriété intellectuelle soit levée" sur les vaccins. "Oui nous devons évidemment faire de ce vaccin un bien public mondial", a-t-il ajouté, tout en soulignant que la priorité à court terme était "le don de doses" et "de produire en partenariat avec les pays les plus pauvres".

Le 23 avril, il s'était pourtant dit opposé à la levée immédiate de la propriété intellectuelle, expliquant que le sujet n'était pas celui-là mais celui du transfert de technologie. "Ce que j'ai dit simplement, ce qui est une réalité, c'est qu'aujourd'hui, vous avez un goulot d'étranglement, ce qui rend difficile l'accès au vaccin", a-t-il dit jeudi. "Vous pouvez transférer la propriété intellectuelle à des fabricants pharmaceutiques en Afrique, ils n'ont pas de plateforme pour produire de l'ARN messager. Notre sujet, c'est de transférer la technologie et de savoir-faire pour qu'il y ait des plateformes qui produisent des vaccins à ARN messager en Afrique, c'est ça la clé", a poursuivi Emmanuel Macron.

"S'il y a eu un nationalisme vaccinal, il ne faut pas regarder du côté de l'Europe : nous avons dès le premier jour aider nos alliés, nos partenaires, décidé d'exporter vers les pays les plus fragiles" des doses, a-t-il plaidé. "L'Europe est le continent le plus généreux avec le reste du monde. Nous, sur les doses que nous avons produites, ce sont 65 millions environ qu'on a consommé pour nous et 45 millions qu'on a exporté. Aujourd'hui, sur les d'autres doses produites par exemple chez les Britanniques ou les Américains, il y a zéro dose exportée", a-t-il souligné.

L'opposition de gauche qui avait réclamé la levée des brevets a immédiatement vilipendé le chef de l'Etat, l'accusant de changement de pied. "Biden parle et les Européens applaudissent. Même après avoir voté contre les licences libres sur les vaccins ! Eh Macron ! Garde à vous !", a twitté le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon.



"Hypocrite Emmanuel Macron ! Vous vous êtes battu contre cette levée des brevets sur le vaccin pour servir vos amis du fric et des laboratoires pharmaceutiques ! La France a voté CONTRE à l'Organisation Mondiale du Commerce ! Biden vous inspire ? Parfait : taxez les riches !", a renchéri le numéro 2 de LFI Adrien Quatennens.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.