Vaccins anti-Covid : Emmanuel Macron prône la "fin de la naïveté" européenne

Vaccins anti-Covid : Emmanuel Macron prône la "fin de la naïveté" européenne
Emmanuel Macron, le 23 mars 2021

, publié le jeudi 25 mars 2021 à 22h50

Le chef de l'Etat a pris la parole à l'issue d'un conseil européen, jeudi 25 mars.

Emmanuel Macron a défendu la volonté européenne de "produire totalement pour nous-mêmes" les vaccins contre le Covid-19, évoquant au passage les retards pris par AstraZeneca dans la livraison des doses.


L'essentiel des échanges, dans ce conseil européen à distance, s'est concentré "sur l'accélération de la campagne vaccinale contre le virus", a indiqué Emmanuel Macron, dans un point-presse tenu en fin de soirée. "Il n'existe pas d'autre solution qu'une solution européenne pour surmonter cette crise", a t-il déclaré mettant en avant les infrastructures existantes sur le sol européen.

Le chef de l'Etat prône ainsi la "fin de la naïveté".

"Je soutiens les mécanismes de contrôles mis en place par l'Union européenne, et bloquer toutes les exportations tant que les contrats n'ont pas été honorés", a résumé le président de la République. "Je n'accepterai aucun procès en moralité", insiste t-il.

"Avec Pfizer et BioNTech, je constate que l'intégralité des contrats passés ont été honorés", a commenté Emmanuel Macron, dressant le même constat avec le producteur américain Moderna. "Mais les engagements avec AstraZeneca ne l'ont pas été, et de très loin ! Il était nécessaire de mettre des contrôles. Je souhaite que les saisines permettront de livrer en temps et en heure les Européens".

Quant aux autres grandes puissances, "on a constaté que les Etats-Unis, avaient tendance à protéger le marché américain, que le Royaume-Uni n'exportait pas beaucoup de doses, pour ne pas dire aucune".

"Retrouver le goût du risque"

Face à constat, l'objectif est de "renforcer la production européenne de vaccins commandés" et "produire totalement pour nous mêmes, et être d'ici à l'été le continent qui produit le plus de vaccins". Le chef de l'Etat appelle ainsi à "une réponse européenne pour que les règles du jeu soient respectées, évoquant des contraintes sur les acteurs industriels". "Ce n'est en aucun cas du protectionnisme", mais "d'empêcher que d'autres pays développés ne se servent sur le dos de l'Europe".

Quant aux campagnes de vaccination, "je constate que certains sont allés plus vite que nous, il faudra en tirer les conséquences", a t-il encore ajouté, évoquant le cas des Etats-Unis, qui "ont pu davantage rêver que nous" (référence aux investissements massifs sur l'élaboration de vaccins, ndlr). "Ils ont eu raison. Désormais, il nous faudra retrouver le goût du risque", estime t-il, au sujet de l'élaboration des prochains vaccins de "deuxième génération", chargés de contrer les futurs variants du coronavirus.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.