Vaccination des soignants : les syndicats dénoncent les propos d'Olivier Véran sur le droit de grève

Vaccination des soignants : les syndicats dénoncent les propos d'Olivier Véran sur le droit de grève
(Photo d'illustration)

publié le dimanche 08 août 2021 à 12h03

"Vient un temps où ces personnes n'auront plus le loisir de faire grève puisque par définition cette obligation vaccinale s'appliquera", avait déclaré le ministre de la Santé jeudi. Des propos qui s'apparentent à une "mise en cause du droit de grève", selon Force ouvrière.

Face à l'extension du pass sanitaire et l'obligation vaccinale, deux syndicats, SUD et la CGT, ont appelé les personnels des secteurs de la santé, du médico-social et du social à une grève nationale.

"Vient un temps où ces personnes n'auront plus le loisir de faire grève puisque par définition cette obligation vaccinale s'appliquera", avait alors répliqué le ministre de la Santé Olivier Véran jeudi 5 août lors d'une visite au centre hospitalier d'Aix-en-Provence. Des propos dénoncés dimanche par Force ouvrière., CGT et SUD.



Ces propos peuvent "laisser entendre une mise en cause du droit de grève, un droit constitutionnel attaché à la liberté syndicale et à la démocratie", a déploré le syndicat dans un communiqué. "FO dénonce de tels propos et attend du gouvernement qu'ils soient retirés sans délai", a ajouté la Confédération.


"FO défendra avec détermination le droit de grève et rappelle la récente résolution de son Comité National Confédéral (CCN) affirmant qu'elle n'hésitera pas à y faire appel au niveau interprofessionnel pour défendre les droits des salariés, salaires, assurance chômage, retraites, services publics et libertés syndicales", a-t-elle prévenu. 

Pour Denis Betand, de la CGT Santé et Action sociale, "ces propos sont à l'image de M. Véran, méprisants". "Ils accentuent la colère, déjà immense, ce qui va nous conforter dans la poursuite de la grève. M. Véran est hors-sol, il y a un écart abyssal entre ses effets d'annonce et la réalité. Il prouve qu'il ne maîtrise absolument pas la situation et que la politique de santé menée n'est pas adaptée à la réalité", a-t-il ajouté auprès de l'AFP dimanche. 

"Les personnels de santé ont donné de leur vie, ils veulent avoir le choix de se vacciner; ils ont prouvé depuis 18 mois qu'ils faisaient face à la pandémie", a-t-il précisé, s'indignant : "en février, le gouvernement imposait à ceux positifs au Covid mais asymptomatiques de travailler par manque d'effectifs, en mars 2020 on les applaudissait et maintenant on va les licencier !" Il a déploré la "fermeture de 69.000 lits d'hôpitaux depuis 2003" (Drees) et "l'incapacité du système à prendre en charge les besoins réels de la population bien avant la crise du Covid". 

Pour Jean-Marc Devauchelle, de SUD Santé Social, "remettre en cause le droit de grève parce qu'une loi a été votée, n'engage que M. Véran". "C'est beaucoup plus facile d'être autoritaire devant les caméras que devant les personnels avec lesquels il n'y a pas de discussion", a-t-il déclaré à l'AFP dimanche, se disant "déterminé à poursuivre l'action et tous les recours possibles" contre la nouvelle loi. 

Les soignants en grève étant assignés, seuls ceux qui sont en repos ou en congé peuvent manifester. "Beaucoup l'ont fait samedi partout en France, notamment à Paris, Lyon et Marseille", a assuré M. Devauchelle. A l'instar de la CGT, il met en garde contre un "fort taux d'absence des soignants dans les semaines à venir".

 

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