Vaccination anti-Covid : Olivier Véran s'inquiète de "l'hésitation" et de "l'attentisme"

Vaccination anti-Covid : Olivier Véran s'inquiète de "l'hésitation" et de "l'attentisme"
Le ministre de la Santé Olivier Véran à Mont-de-Marsan (Landes) le 24 juin 2021.

publié le lundi 28 juin 2021 à 13h27

Alors que la propagation du variant Delta sur le territoire inquiète, le ministre de la Santé a de nouveau appelé lundi 28 juin les Français à se faire vacciner.

Alors que le variant Delta se propage progressivement sur le territoire, le ralentissement de la campagne vaccinale contre le Covid-19 commence à inquiéter le gouvernement. Or, le vaccin reste la meilleure solution pour faire face au virus et ses vaccins, estime Olivier Véran, qui appelle les Français à se faire vacciner.




Dans un tweet posté lundi 28 juin, le ministre de la Santé salue les "52 millions de vaccins administrés" dans le pays, mais déplore"l'hésitation", "l'attentisme" ou encore "la peur" face aux vaccins , qui "nous expose tous face aux variants".

"Vaccinez-vous, avec ou sans RDV", insiste-t-il. 



A première vue, la France vaccine toujours à tour de bras, avec près de 700.000 injections quotidiennes. Mais la cadence n'est maintenue que par les deuxièmes doses, tandis que le nombre de primo-vaccinés fond comme neige en été :  plus de 400.000 par jour début juin, à peine plus de 200.000 cette semaine.

Ce manque d'engouement pousse l'exécutif à faire feu de tout bois. La semaine dernière, Emmanuel Macron a tweeté a plusieurs reprises sur la nécessité de se faire vacciner. "Ayez peur du virus, n'ayez surtout pas peur du vaccin. Le vaccin c'est pour votre santé, votre sécurité (et) votre liberté", a de son côté lancé Jean Castex. 

L'exécutif envisage même de rendre la vaccination des personnels d'Ehpad obligatoire. "Si la "couverture vaccinale des soignants" ne progresse pas, "je pourrais être amené à proposer une vaccination obligatoire (...) vraisemblablement en septembre ", a indiqué mercredi dernier le ministre de la Santé.

Au moins 80% de vaccinés pour l'immunité collective

Pendant les vacances, les autorités sanitaires vont multiplier les initiatives pour aller chercher les indécis et les récalcitrants. L'Assurance maladie va ainsi étendre ses campagnes d'appels et de textos, jusqu'ici ciblées sur les plus âgés, aux assurés souffrant de comorbidités et aux bénéficiaires de la "complémentaire santé solidaire". En parallèle, les médecins libéraux recevront cette semaine la liste de leurs patients non vaccinés et la Sécu va renforcer ses "partenariats" avec les associations de malades chroniques et les centres de distribution alimentaire.

Les agences régionales de santé vont également pousser le feu, comme en Île-de-France où des "opérations spéciales" sont programmées dans des "espaces très fréquentés" comme la Canopée des Halles au coeur de la capitale, mais aussi auprès de "populations particulières" (étudiants, femmes enceintes, chauffeurs-livreurs) ou des "publics précaires" (travailleurs migrants, bidonvilles).

Des efforts qui pourraient s'avérer insuffisants : avec un variant Delta 50% à 80% plus contagieux que la souche Alpha actuellement dominante, le biologiste Samuel Alizon estime "qu'il faudrait plus de 80% de vaccinés", soit environ 55 millions de personnes, pour atteindre l'immunité collective.

L'épidémiologiste Pascal Crépey évalue pour sa part le seuil à "85% de personnes immunisées pour que l'épidémie s'arrête" et redoute une rentrée périlleuse, "une fois que le frein estival disparaîtra".
 

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