Vaccination anti-Covid : le maire de Cannes défie l'exécutif

Vaccination anti-Covid : le maire de Cannes défie l'exécutif
Le maire de Cannes David Lisnard, le 8 avril 2020.

, publié le samedi 27 mars 2021 à 11h08

David Lisnard a décidé jeudi d'ouvrir la vaccination contre le Covid-19 à tous les plus de 50 ans. Une initiative qui n'a pas du tout plu au ministre de la Santé Olivier Véran. 

Alors qu'Emmanuel Macron a appelé mardi a vacciner "matin, midi et soir", le maire de Cannes David Lisnard a annoncé jeudi 25 mars d'ouvrir la vaccination aux personnes de plus de 50 ans, y compris sans commoborbidités, alors que dans le reste de la France la campagne vient tout juste de s'ouvrir aux plus de 70 ans sans commorbidités. 




Ce qui lui a valu un sévère rappel à l'ordre de la part du ministre de la Santé Olivier Véran. "Cela ne se fera pas ! Il y a encore des personnes éligibles à vacciner à Cannes", a-t-il estimé quelques heures après lors de sa conférence de presse.

"Je regrette qu'il l'ait fait de manière autonome sans alerter ni la direction générale de l'Agence régionale de Santé (ARS) ni même le préfet, ni même les soignants qui sont mobilisés pour vacciner à Cannes et partout ailleurs en France", a-t-il regretté. 

L'élu Les Républicains ne s'est pas rétracté et lui a répondu dans la soirée, sur Twitter. "Je suis étonné qu'il polémique et déjuge le Président qui demande de vacciner 'matin, midi et soir'. Donc, ayant terminé les autres publics, nous ouvrons la prise de rdv pour les plus de 50 ans. Bon sens", a-t-il écrit. 




"Nous avons perdu assez de temps"

Dans un communiqué publié jeudi soir, David Lisnard a détaillé la campagne de vaccination dans sa ville. "Sur la période du 9 au 27 avril, nous disposerons de 4000 doses de vaccin pour une première injection (Pfizer et Moderna) qui dépasseront les besoins du public prioritaire déjà pris en compte. Par conséquent, pour ne pas perdre ces doses, nous avons décidé de programmer d'ores et déjà les rendez-vous pour les tranches d'âge inférieures", explique-t-il. "Nous avons déjà perdu assez de temps, poursuit l'édile. Je regrette cette attaque polémique et injuste du Ministre de la santé. De notre côté, nous voulons contribuer à gagner cette 'course contre la montre' et nous ne nous laisserons pas ralentir."

"Nous avons donc ouvert la prise de rendez-vous pour les plus de 50 ans, y compris sans signe de comorbidité, car nous avons enfin de la visibilité en termes de dotations. Si nous sommes en capacité de le faire aujourd'hui, c'est parce que nos vaccinodromes sont opérationnels depuis le 4 janvier, quand le gouvernement prétendait qu'ils n'étaient pas utiles, et que nous mobilisons en nombre le personnel municipal en lieu et place de l'Etat", se vante-t-il, alors que l'exécutif a annoncé cette semaine l'ouverture prochaine d'une trentaine de vaccinodromes. "Je ne vois pas ce que l'on peut me reprocher hormis de répondre à l'injonction du Président de la République qui martèle qu'il faut vacciner 'matin, midi et soir'. C'est le cas à Cannes où l'on vaccine effectivement du matin au soir", insiste-t-il. 

Cela n'a pas convaincu Olivier Véran. "Imaginez une seconde qu'une dame âgée de 86 ans à Antibes attende encore son rendez-vous de vaccination quand son fils âgé de 50 ans, lui, peut se faire vacciner parce qu'il aurait réussi à trouver un créneau? Ce n'est pas comme ça qu'il faut fonctionner", a reproché vendredi le ministre, en déplacement à Clermont-Ferrand. Selon lui, "encore la moitié des personnes âgées de 70 ans et plus dans le département des Alpes-Maritimes n'ont pas reçu encore d'injection de vaccin" et les élus locaux doivent "mettre le paquet pour aller chercher" ce public. 

Mais David Lisnard persiste et signe. Se disant "très surpris" par cette attaque, le Cannois a estimé vendredi sur Europe 1 qu'"il serait quand même incongru que le ministre de la Santé déjuge le président de la République, qui nous a dit d'aller vite et de vacciner matin, midi et soir". "On a besoin d'être concentré" sur la vaccination, a-t-il insisté et selon lui, il serait plus judicieux de l'encourager que de le blâmer pour sa décision. "On ne peut plus perdre de temps, la France en a trop perdu", a-t-il lancé. 

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