Urgences: après le plan Buzyn, les grévistes maintiennent la pression

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L'entrée des urgences de Nantes, le 27 août 2019
L'entrée des urgences de Nantes, le 27 août 2019
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© AFP, LOIC VENANCE

AFP, publié le mardi 10 septembre 2019 à 18h35

Le plan de "refondation" des urgences hospitalières présenté lundi par Agnès Buzyn n'a pas convaincu les grévistes, qui ont voté mardi la poursuite du mouvement, avant une manifestation mercredi à l'appel des syndicats.

La ministre de la Santé a beau avoir promis d'ici 2022 "plus de 750 millions d'euros" puisés dans des crédits existants, le compte n'y est pas pour le collectif Inter-Urgences, à l'origine d'une grève inédite par sa durée - bientôt 6 mois - et son ampleur - 250 services d'urgence à ce jour.

Principales mesures: un nouveau "service d'accès aux soins" pour réguler les appels aux secours, des "admissions directes" sans passage aux urgences pour les personnes âgées et une meilleure "gestion des lits" disponibles dans les hôpitaux.

"Ce plan, c'est du flan !", a résumé Hugo Huon, président du collectif Inter-Urgences, à l'issue de son assemblée générale à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Les représentants des grévistes y ont voté à main levée une motion rappelant leurs revendications - "réouvertures de lits", "recrutements à la hauteur des besoins", "augmentation de 300 euros net mensuel" - et souhaitant une extension du mouvement aux autres services hospitaliers.

"Nous appelons l'ensemble de nos collègues à se mettre en grève avec nous", a déclaré Christophe Le Tallec, vice-président de ce collectif, qui prévoit des "rassemblements locaux" le 26 septembre et doit prochainement fixer "une date de mobilisation nationale"

En attendant, les soignants sont invités "à se mobiliser sur l'ensemble des dates syndicales qui sont annoncées", a-t-il ajouté.

La CGT organise justement une "journée d'action" mercredi dans tout le secteur sanitaire et social, avec une manifestation dans la capitale. Pour son secrétaire général, Philippe Martinez, le plan de Mme Buzyn "est loin des attentes du personnel".

Il "ne répond en rien à la réalité du terrain", estime Force ouvrière, qui a décidé de "s'associer" à cette mobilisation.

Du côté des médecins, le président de l'Association des urgentistes de France (Amuf), Patrick Pelloux, et celui du syndicat Action Praticien Hôpital, ont indiqué que leurs organisations se prononceraient jeudi sur leur participation à la grève.

"Très déçu" par les annonces de la ministre, M. Pelloux a évoqué "un rendez-vous raté" sans "rien sur les revalorisations salariales" et a prédit que "la contestation va être sévère".

- "Dans le bon sens" -

Moins critique, le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, considère qu'"on ne peut pas dire qu'il ne s'est rien passé", même s'il "manque beaucoup de choses", en particulier "sur la reconnaissance professionnelle" et "la question des lits supplémentaires".

Côté dirigeants hospitaliers, le président de la fédération du secteur public (FHF), Frédéric Valletoux, a apporté un soutien modéré au plan de la ministre, estimant que c'est "une première avancée mais il va lui falloir du courage politique pour une mise en œuvre efficace". 

Plus convaincu, le patron de la FHP (cliniques privées), Lamine Gharbi, salue "un important effort financier", signe "que l'exécutif a pris la mesure des enjeux".

"On ne s'attendait pas à un choix budgétaire aussi important", a reconnu François Braun, président de l'association Samu-Urgences de France, saluant des "mesures qui vont dans le bon sens pour sortir de cette crise". Elles "sont la preuve d"une volonté de faire une réforme en profondeur", a renchéri Agnès Ricard-Hibon, présidente de la Société française de médecine d'urgence (SFMU).

L'Ordre national des infirmiers, pour sa part, "se réjouit" des "compétences élargies" qui seront déléguées aux soignants - comme prescrire une radio ou réaliser une suture sans attendre un médecin.

Même enthousiasme chez les kinés, dont le principal syndicat (FFMKR) "se félicite" de la possibilité d'un "accès direct" pour la "petite traumatologie" - entorse de cheville et lombalgie aigüe.

Pour les médecins libéraux, en revanche, le plan fait la part trop belle à l'hôpital: le SML regrette "l'insuffisance de moyens pour la ville", tandis que la CSMF réclame "sans délai des négociations pour une meilleure valorisation des soins non programmés".

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