Une plainte déposée contre Eric Dupond-Moretti pour menaces et violences psychologiques

Une plainte déposée contre Eric Dupond-Moretti pour menaces et violences psychologiques
Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, le 25 août 2021.

publié le mercredi 22 septembre 2021 à 19h05

L'entourage du garde des Sceaux dénonce une "tentative de chantage" et affirme que le ministre envisage de déposer une plainte de son côté pour dénonciation calomnieuse.

Une plainte pour "menaces" et "violentes psychologiques" a été déposée contre le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, par l'avocate Nathalie Tomasini, qui a notamment défendu Jacqueline Sauvage, a confirmé le parquet mercredi 22 septembre. Cette plainte concerne des faits intervenus en 2020 lors d'un procès en Normandie.

L'entourage du ministre, nommé à ce poste en juillet 2020, a dénoncé une "tentative de chantage" et a affirmé que le garde des Sceaux envisageait de déposer une plainte pour dénonciation calomnieuse.



La procureure d'Évreux Dominique Puechmaille a expliqué à l'AFP ne pas avoir encore pris de décision sur les suites à donner à cette plainte. "Je ne suis pas certaine que les qualifications délictuelles avancées tiennent. Et je m'interroge sur une éventuelle prescription si nous étions face à des injures et que les faits étaient avérés", a détaillé la magistrate.

Me Tomasini reproche au ministre de l'avoir insultée, ainsi qu'une consœur, durant un procès d'homicide sur conjointe devant la cour d'assises d'Évreux. Eric Dupond-Moretti, qui défendait l'accusé, aurait qualifié les deux avocates des parties civiles de "hontes du barreau", "commerçantes du malheur", d'"hystériques" et de "saloperies de putes", selon une copie de cette plainte consultée par l'AFP

Dans ce document, la magistrate Brigitte Blind, représentante du ministère public au procès, atteste avoir vu celui qui est devenu ministre de la Justice depuis "vociférer en direction des avocates des parties civiles tout en agitant vers elles le poing". Une des parties civiles évoque également un "déchaînement de violences verbales et gestuelles" d'Eric Dupond-Moretti.

L'entourage du ministre a estimé auprès de l'AFP que "cette plainte tardive" n'était "que l'aboutissement d'une tentative de chantage qui n'a pas fonctionné" et qu'elle s'apparentait "à une instrumentalisation politique". "Depuis novembre 2020, alors qu'Eric Dupond-Moretti a toujours nié avoir proféré les insultes, les gestes ou les menaces dont il est calomnieusement accusé, (la plaignante) a tenté à plusieurs reprises d'en profiter pour intégrer, contre son silence, des commissions lancées par le garde des Sceaux", indique-t-on de même source.

"C'est totalement faux", a rétorqué Me Tomasini auprès de l'AFP. "Il inverse l'histoire. On a tout fait pour que je ne dépose pas cette plainte. On m'a tout proposé", a ajouté l'avocate qui réclame un euro de dommages et intérêts.

Le ministre s'étonne en outre que sa consœur "n'ait pas immédiatement signalé" les faits au président de la cour d'assises, au bâtonnier local et à son bâtonnier. Me Tomasini a rétorqué à l'AFP avoir déposé une plainte déontologique auprès du conseil de l'ordre des avocats dès mars 2020 et avoir attendu la fin d'un autre procès médiatique en juin 2021, pour porter plainte au pénal. "Je ne voulais pas que les affaires s'entrechoquent", a-t-elle indiqué.
 

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