Une élue EELV défend son livre face au maire RN d'Hénin-Beaumont

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L'élue d'opposition EELV à Hénin-Beaumont Marine Tondelier, à Henin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, le 15 septembre 2020
L'élue d'opposition EELV à Hénin-Beaumont Marine Tondelier, à Henin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, le 15 septembre 2020
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© AFP, FRANCOIS LO PRESTI

, publié le jeudi 17 septembre 2020 à 20h06

Marine Tondelier, élue d'opposition EELV à Hénin-Beaumont, a défendu jeudi au tribunal à Paris son livre paru en 2017 sur la gestion frontiste de cette commune du Pas-de-Calais, attaqué en diffamation par le maire RN Steeve Briois.

Sept passages des chapitres 7 et 8 du livre "Nouvelles du Front", publié le 1er mars 2017, étaient visés par M. Briois, édile depuis 2014 et vice-président du Rassemblement national, Bruno Bilde - alors adjoint municipal, aujourd'hui député - et le directeur général des services de l'époque.

Dans ces extraits sont décrites "des pressions exercées sur les agents de la mairie proches de l'opposition", "l'embauche de proches et d'élus du FN", "la surveillance des agents" et "les injures proférées à l'encontre des habitants", a résumé la présidente de la 17e chambre correctionnelle.

A la barre, Marine Tondelier, élue elle aussi depuis 2014, est revenue sur la genèse du livre. 

"On présente parfois cette ville comme le Disneyland du FN (devenu RN NDLR)", a-t-elle déclaré, "mais je vois aussi à l'époque des gens qui en prennent plein la figure: des journalistes, des associatifs, des élus d'opposition".

Elle a expliqué avoir réalisé de nombreux entretiens, en particulier avec des agents municipaux ; avoir travaillé avec une journaliste et un avocat. "J'ai tout recoupé", a-t-elle assuré, affirmant avoir "écarté" des anecdotes qui lui "paraissaient farfelues".

"Tout est parfaitement documenté, les témoignages sont là, rigoureux, exhaustifs", a aussi affirmé Henri Trubert, patron de la maison d'édition Les liens qui libèrent (LLL), poursuivi comme il est d'usage à titre principal en tant que directeur de publication.

En mars, M. Briois a été largement réélu dès le premier tour (74,21% des voix) à la tête de cette ville de 27.000 habitants, considérée comme une des vitrines du RN, devant la liste de gauche conduite par Mme Tondelier (18,22%).

"Il y a 685 agents qui travaillent pour la mairie, alors c'est vrai qu'on trouve facilement 15 ou 20 aigris", a ironisé l'avocat des trois plaignants, qui n'étaient pas présents à l'audience. 

"Le débat politique est légitime et Dieu sait s'il est violent, âpre, brutal à Hénin-Beaumont. Il n'est pas non plus sans limite", a poursuivi David Dassa Le Deist, dénonçant un "livre militant et uniquement à charge". 

La procureure a estimé que les propos pouvaient être considérés comme diffamatoires mais elle a ajouté que la clause exonératoire de la bonne foi pouvait être retenu, invitant le tribunal à trancher si Mme Tondelier avait mené, ou pas, une "enquête sérieuse".

La décision a été mise en délibéré au 6 novembre.

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