Un espion russe au ministère de la Défense ? L'ex-patron de la DGSE sème le trouble

Un espion russe au ministère de la Défense ? L'ex-patron de la DGSE sème le trouble
Bernard Bajolet, en 2015, à Paris

publié le lundi 18 octobre 2021 à 11h15

Bernard Bajolet, ancien directeur du service de renseignement français, a rétropédalé après une interview diffusée sur France 5, où il semblait évoquer la piste d'une "taupe" au service de la Russie dans le cabinet de Jean-Yves Le Drian.

"A aucun moment le cabinet Le Drian n'a été mis en difficulté". Le cabinet de l'actuel ministre des Affaires étrangères est sorti du bois après des déclarations de l'ex-patron de la DGSE, qui a semblé confirmer l'existence d'une "taupe" au service des Russes au sein du cabinet de Jean-Yves Le Drian, à l'époque où il était en poste à la Défense en 2017.

L'entourage du ministre se dit par ailleurs "très surpris des déclarations d'un ancien DGSE qui sait que cette typologie d'affaires est classifiée". L'ancien directeur du service de renseignement extérieur (DGSE) Bernard Bajolet est ensuite revenu sur ses propos lundi.


Interrogé sur France 5 par la journaliste Caroline Roux sur le cas d'"une 'taupe' qui avait intégré le cabinet même du ministre Jean-Yves Le Drian", aujourd'hui ministre des Affaires étrangères, Bernard Bajolet répond dans ce documentaire consacré au président russe Vladimir Poutine: "En effet, quand j'étais directeur général de la sécurité extérieure, j'avais fait remonter" à l'exécutif. "Dans les années précédentes on disait 'tout ça c'est terminé, après la Guerre Froide, on n'a plus à perdre son temps contre des espions qui n'existent plus (...) la priorité ce sont les affaires de terrorisme, mais pour autant, on voit bien que les activités d'espionnage n'avaient pas du tout cessé", poursuit-il.

Pas un "cas individuel"

Dans une lettre envoyée à l'AFP lundi, Bernard Bajolet assure n'avoir "jamais voulu réagir à un cas individuel ni mentionner un cabinet en particulier, mais voulu souligner l'intensité des activités d'espionnage menées à l'encontre de notre pays par des puissances étrangères, dont la Russie, et l'importance de la fonction de contre-espionnage confiée aux services de renseignement". "En aucun cas ma réponse ne peut être considérée comme une confirmation de la réalité des allégations dont a fait état Mme Roux sur la présence d'un agent étranger dans le cabinet d'un ministre de l'époque", affirme-t-il.


"Sur le fond, le contre-espionnage français (une compétence que n'a pas la DGSE) travaille remarquablement et sait déjouer les tentatives des puissances étrangères qui souhaiteraient approcher les lieux de pouvoir", a pour sa part commenté encore le cabinet de Jean-Yves Le Drian.

Cette affaire avait été évoquée à l'époque par la presse. D'après Mediapart, un espion du GRU, le service de renseignement militaire russe, avait recruté une "taupe" au sein du cabinet de Jean-Yves Le Drian lorsqu'il était ministre de la Défense sous la présidence de François Hollande. Selon Mediapart, "des notes de la DGSE relatent en particulier des rendez-vous entre l'officier supérieur français et son officier traitant russe. Des comptes-rendus de réunions ministérielles auraient été transmis". "A priori, il s'agissait pour le gradé d'expliquer la nouvelle politique de la France vis-à-vis de l'est de l'Europe" à "un interlocuteur qui s'était présenté à lui comme un diplomate", soulignait le média en ligne.

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