"Un acte isolé", "pas représentatif de la société": l'exécutif relativise après la gifle d'Emmanuel Macron

"Un acte isolé", "pas représentatif de la société": l'exécutif relativise après la gifle d'Emmanuel Macron
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal le 2 juin 2021.

publié le mercredi 09 juin 2021 à 10h24

Après avoir été giflé mardi dans la Drôme, Emmanuel Macron a tenté de "relativiser" l'incident en dénonçant des "faits isolés". Un argumentaire repris mercredi matin par le porte-parole du gouvernement et le Premier ministre. 

La scène a suscité l'indignation générale dans toute la classe politique et les médias : Emmanuel Macron a été giflé par un homme poussant le cri de guerre royaliste "Montjoie Saint Denis!" lors d'un déplacement à Tain-l'Hermitage (Drôme) mardi 8 juin.

Une première pendant son quinquennat que le chef de l'Etat a tenté de "relativiser",  dénonçant des "faits isolés", commis par "des individus ultraviolents" qui ne "méritent pas", selon lui, qu'on les laisse "prendre possession du débat public".

"Je ne voudrais pas que des individus isolés ou des gens qui vont vers les extrêmes puissent, en quelque sorte, faire oublier le reste", a-t-il insisté dans un entretien au Dauphiné Libéré.



Un angle de communication repris par l'exécutif, qui veut relativiser l'incident, sans toutefois en minimiser la gravité. Invité mercredi matin d'Europe 1, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a en effet assuré que cet incident n'était pas "représentatif de la société française". Dans la population, "une forme de colère existe", reconnaît-il, mais les personnes concernées "savent exprimer cela dans le cadre du débat et du vote". "Le président de la République va au contact sans filtre avec les Français, et dans 99,9% des cas, ça se passe bien", a-t-il rappelé.

Le porte-parole appelle toutefois à ne pas "banaliser" cette gifle". "C'est grave. Toute forme de violence est grave, aussi quand elle touche un dépositaire de l'autorité publique, qu'il s'agisse d'un maire, d'un député, d'un fonctionnaire", a-t-il insisté, estime "qu'il était important qu'il y ait cette dénonciation unanime", et saluant "l'union républicaine absolue autour de la figure du président de la République".


Même son de cloche chez le Premier ministre. Après avoir appelé à un "sursaut républicain" mardi à l'Assemblée, Jean Castex a dénoncé mercredi matin "des comportements isolés tout à fait condamnables". "On voit bien qu'il y a une forme de violence. Sans doute aussi que les épisodes de la crise sanitaire expliquent un certain nombre de réalités mais la violence, la haine, l'exclusion dans une société démocratique ne sauront jamais être une solution", a-t-il insisté en marge d'une visite au marché de Rungis. Le chef du gouvernement a également assuré que l'exécutif "continuera à aller à la rencontre des Français".

Si "cette gifle doit réveiller notre rapport à la violence", le chef de file des députés LREM Christophe Castaner a appelé sur France Inter à ne pas surdimensionner cet incident, "car la plupart des présidents de la République qui vont au contact des Français, s'y exposent et que la meilleure réponse à y apporter, c'est de ne pas changer". 

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