Ultradroite: au procès OAS, Mélenchon défend son "droit d'avoir peur"

Ultradroite: au procès OAS, Mélenchon défend son "droit d'avoir peur"
Le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, répond à des journalistes après son audition au procès du groupuscule d'ultradroite OAS le 24 septembre 2021 à Paris answers journalists' questions, after his hearing as part of the ...

publié le vendredi 24 septembre 2021 à 21h28

"J'ai le droit d'avoir peur", a déclaré vendredi Jean-Luc Mélenchon lors du procès du groupuscule d'ultradroite OAS (Organisation des armées sociales), où six hommes sont jugés pour des projets d'attentats et dont le fondateur avait évoqué, parmi les cibles potentielles, le chef de la France insoumise.

A la barre, Jean-Luc Mélenchon a critiqué "les autorités" qui ne l'ont "pas prévenu", selon lui, d'une menace. "Je ne sais pas à quel point j'ai été personnellement menacé, je sais juste que je découvre cette affaire dans la presse", après le démantèlement de la cellule en octobre 2017. "Mon premier motif d'angoisse est: pourquoi ne m'a-t-on rien dit ?"

"Dans ma vie de militant, il y a un avant et un après cette affaire", explique M. Mélenchon, qui "ne se déplace plus sans sécurité" et a demandé à se constituer partie civile dans ce dossier.

Mais pour les avocats de la défense, comme pour l'accusation, sa demande doit être rejetée. D'après la procureure, contrairement à d'autres cibles envisagées, "le projet d'action violente visant M. Mélenchon tient sur des déclarations", et non pas sur des "éléments logistiques et techniques".

En 2017, Logan Nisin avait déclaré en garde à vue avoir songé s'en prendre à M. Mélenchon lors d'un meeting à Marseille. Depuis, il dit avoir fabulé. 

Les investigations n'ont "pas montré un commencement d'exécution" de ce projet, fait par ailleurs remarquer le président de la chambre.

"Souhaitez-vous quand même vous constituer partie civile ?" demande-t-il à M. Mélenchon. 

"Je crois que ça a un intérêt, ne serait-ce que pour interpeller les autorités", répond le chef des Insoumis.

"Vous êtes là pour régler un compte avec les autorités", tance alors Gabriel Dumenil, un avocat de la défense, accusant Jean-Luc Mélenchon de vouloir faire "un discours" politique.

Peu avant l'audience, le candidat à la présidentielle, qui a débattu jeudi avec le polémiste Eric Zemmour, avait établi "un lien entre hier soir et aujourd'hui". 

"Quand M. Zemmour dit que +les jeunes migrants sont tous des violeurs+ (...), eh bien il sème une graine qui finit par germer, avec des jeunes gens qui le croient et qui vont au bout de ce délire", a-t-il déclaré à la presse.

"Je voudrais qu'il réalise", a-t-il dit en évoquant Logan Nisin: "C'est de moi dont on parle, d'une personne vivante" et pas "une abstraction". "J'ai chaud, j'ai froid, j'ai une famille, je suis comme lui". "Et comme homme, je lui pardonne", a-t-il ajouté.

Les six prévenus, âgés de 23 à 33 ans, encourent jusqu'à dix ans d'emprisonnement pour "association de malfaiteurs terroriste". Ils sont accusés d'avoir projeté des attentats pour "lutter contre l'immigration et l'islamisme" selon les mots de leur chef présumé. Quatre ans plus tard, tous assurent "regretter", qu'ils ne seraient "jamais passés à l'acte".

C'est la seconde fois que M. Mélenchon souhaite se constituer partie civile. D'abord acceptée, sa demande avait été rejetée en appel. Le tribunal tranchera à l'issue du procès.

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