Tuerie à la préfecture de police de Paris : Édouard Philippe lance deux missions d'évaluation et maintient Christophe Castaner

Tuerie à la préfecture de police de Paris : Édouard Philippe lance deux missions d'évaluation et maintient Christophe Castaner
Édouard Philippe le 4 octobre 2019 à Paris.

, publié le dimanche 06 octobre 2019 à 07h44

Dans une interview au Journal du dimanche, le Premier ministre a annoncé la création de deux missions. Objectif : évaluer la détection des signes de radicalisation chez les agents de la lutte contre le terrorisme. 

"Aucun signal de radicalisation ne peut être méconnu ni rester sans réponse".

La réaction du Premier ministre Édouard Philippe était attendue après la tuerie à la préfecture de police jeudi 3 octobre. Le Premier ministre a annoncé le lancement de deux missions sur la détection d'éventuels signes de radicalisation d'agents chargés de la lutte antiterroriste, dans une interview au JDD publiée samedi. 

Interrogé sur la "faille" qui a permis à un employé de la Direction du renseignement de la préfecture de Paris (DRPP) de tuer quatre de ses collègues, Édouard Philippe a reconnu que c'était "évidemment une question centrale". Concernant d'éventuelles informations confidentielles que l'informaticien aurait pu divulguer à l'extérieur, le Premier ministre a répondu que des "vérifications techniques" étaient en cours.




Les outils de détection ont-ils bien fonctionné ? 

"On me dira que le risque zéro n'existe pas, c'est vrai, mais c'est notre responsabilité de ne jamais accepter d'éventuels défauts et de toujours resserrer les mailles du filet", a affirmé Edouard Philippe. "Pour tous les services de renseignement, la détection des menaces internes est une priorité absolue. En particulier, aucun signal de radicalisation ne peut être méconnu ni rester sans réponse", a ajouté le Premier ministre. 



La première des deux missions confiées à l'Inspection générale du renseignement concerne la DRPP, où travaillait l'assaillant depuis 2003. Les résultats sont attendus dès la fin du mois. "Elle dira, d'une part, si les outils de détection et de signalement étaient en place à la DRPP et s'ils ont bien fonctionné", a expliqué Edouard Philippe.

"Le tamis va être fin"

Elle devra "vérifier si, au cours des années que l'auteur des faits a passées à la DRPP, en particulier celles qui auraient été concernées par un processus de radicalisation, les outils et procédures de détection et de signalement étaient en place, s'ils ont été convenablement mis en œuvre (...) et s'ils ont donné lieu à des réactions appropriées", a ajouté Matignon dans un communiqué.

La seconde mission, qui doit rendre ses conclusions d'ici la fin de l'année, visera l'ensemble des services de renseignements associés à la lutte antiterroriste. "J'ai demandé qu'elle mène une revue en profondeur des procédures de détection, de signalement et de traitement des processus de radicalisation dans l'intégralité des services de renseignement impliqués dans la lutte contre le terrorisme", a précisé le chef du gouvernement, en assurant : "le tamis va être très fin".

"Confiance" en Castaner 

Les deux missions doivent aboutir à des propositions de remise à niveau des procédures de détection de la radicalisation au sein des services de renseignements.

Quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris ont été tués dans l'attaques qui a soulevé une vive polémique. L'opposition de droite et d'extrême droite demandant une enquête parlementaire sur les "dysfonctionnements" et pour certains, la tête du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Édouard Philippe lui a dit sa "confiance", refusant de "répondre à des polémiques politiciennes". "J'ai toute confiance en Christophe Castaner, qui a fait état de ce qu'il savait au moment où il s'est exprimé. Il est dans le rôle qui est celui du ministre de l'intérieur dans de telles circonstances", a-t-il assuré au JDD. 
 

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