Tribune de militaires: Marine Le Pen déplore la "fermeté" du gouvernement à leur égard

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Marine Le Pen à l'Assemblée nationale le 1er avril 2021
Marine Le Pen à l'Assemblée nationale le 1er avril 2021
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© AFP, THOMAS COEX

publié le mardi 27 avril 2021 à 10h52

Marine Le Pen a affirmé mardi qu'elle ne regrettait "absolument pas" son soutien à une tribune de militaires qui menacent d'intervenir face au "chaos croissant" qui règne à leur yeux en France, et qu'elle déplorait "la fermeté" du gouvernement à leur égard.

"Ces militaires, ils savent très bien comment ça se passe quand les politiques ne font pas leur travail, ne font pas respecter la Constitution. A un moment donné, la situation est si grave qu'on en appelle à l'armée", a expliqué sur franceinfo la présidente du Rassemblement national et candidate à l'Elysée. 

Disant "partage(r) leur affliction, leur constat", face aux "zones de non droit, la criminalité, la haine de soi, le refus du patriotisme par nos dirigeants", elle a toutefois estimé que "ces problèmes se règlent par la politique et par un projet politique validé par les Français dans un cadre évidemment démocratique".

Dans un texte publié par Valeurs Actuelles le 21 avril, soit 60 ans jour pour jour après le putsch d'Alger, ces militaires --une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d'un millier d'autres militaires selon l'hebdomadaire-- préviennent que si "le laxisme continue à se répandre", cela rendra nécessaire "l'intervention de nos camarades d'active".

Quand la ministre de la Défense, Florence Parly les menace de sanctions, elle "est dans son rôle", a estimé Mme Le Pen. Mais "le gouvernement met beaucoup de fermeté à leur égard", et "on aimerait qu'il y ait autant de fermeté à l'égard de la criminalité et de la délinquance qui pourrit l'existence de nos compatriotes".

Pour Nicolas Dupont Aignan, le président de Debout la France, cette tribune est "excellente", "très modérée, elle dit ce que tout le monde constate". Il a jugé sur Sud Radio "effrayant qu'aujourd'hui toute prise de parole différente, qui ne rentre pas dans la doxa du gouvernement, des écolos bobos, des islamo-gauchistes, c'est factieux, c'est le coup d'Etat, le drame".

"La guerre civile, c'est pas nous", a abondé sur RTL l'ancien secrétaire d'Etat ultraconservateur Philippe de Villiers, en s'inquiétant d'une "défrancisation galopante" et en appelant à "l'insurrection des consciences". Pour lui, "l'enjeu de la présidentielle sera oui ou non à une politique de civilisation".

- "Faute très lourde" -

Chez LR, l'eurodéputé Geoffroy Didier a estimé que cette tribune démontre l'"attente d'autorité dans notre pays". Mais il a dit "non, non et non", sur Radio J, à une prise de pouvoir des militaires.

"Engager les militaires à faire de la politique, ce n'est pas une attitude d'Etat et je pense que Mme Le Pen a raté une occasion de montrer qu'elle avait pris une nouvelle dimension", a critiqué pour sa part l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (ex-LR) sur LCI. 

A gauche, Jean-Luc Mélenchon et les parlementaires de LFI ont demandé lundi au procureur de Paris "d'engager des poursuites" contre les auteurs et diffuseurs de la tribune.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dénoncé dans un tweet une "tribune suffisamment ambiguë pour que plane la menace séditieuse. L'extrême droite ne change pas. Elle se répète", a-t-il mis en garde, tandis que pour Karima Delli, tête de liste de l'union de la gauche et des écologistes pour les régionales dans les Hauts-de-France, cette "faute très lourde de Marine Le Pen" démontre qu'"en dépit de ce que veut faire croire le FN, ce parti ne partage pas les valeurs de la République".

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