Travailler plus au sortir du confinement est une "drôle d'idée", estime Bruno Le Maire

Travailler plus au sortir du confinement est une "drôle d'idée", estime Bruno Le Maire
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans son bureau à Paris, le 9 avril 2020.

publié le mardi 14 avril 2020 à 16h00

Le ministre de l'Economie a appelé à "faire un effort de solidarité entre les entreprises" et "un effort de justice" envers ceux qui sont les moins bien payés. 

Ce weekend, le Medef a créé une polémique en estimant qu'il faudrait "travailler un peu plus" pour sortir de la crise économique liée au Covid-19. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a réagi ce mardi 14 avril sur RMC et BFMTV. "C'est une drôle d'idée de réfléchir comme cela", a estimé le ministre, avant que le Medef ne décide tout simplement de clore le débat.



"Il faut faire des efforts oui mais quels efforts parle-t-on ?", s'est interrogé Bruno Le Maire.

"Je parle d'un effort de solidarité entre les entreprises", a-t-il commencé, citant notamment les grandes entreprises vis-à-vis de leurs sous-traitants ou encore les grands distributeurs vis-à-vis des producteurs français. "En deuxième lieu, il faut un effort de justice", a poursuivi Bruno Le Maire.

"J'avait dit en janvier 2020 que les revenus des moins qualifiés, des plus modestes, n'étaient pas suffisants. Et que nous avions un vrai sujet, que le gouvernement avait pris à bras le corps en augmentant le prime d'activité, mais qui doit maintenant tous nous concerner, la puissance publique mais aussi les entreprises", a indiqué le locataire de Bercy. "Aujourd'hui on est bien content d'avoir des personnes qui sont aux caisses des grands magasins, qui sont derrière les guichet des banques, qui ramassent les déchets et qui les traitent, qui transportent les biens dans les véhicules appropriés pour qu'on ait notre approvisionnement quotidien", a salué le ministre de l'Economie. "Je pense qu'il va falloir réfléchir à cette histoire de justice qui sera nécessaire pour ceux qui sont les moins bien payés et les moins qualifiés", a ajouté Bruno Le Maire. 

Ce weekend, le patron de l'organisation patronale Geoffroy Roux de Bézieux a estimé qu'"il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire". Confronté à l'hostilité des syndicats, il a refermé mardi le débat. Une augmentation du temps de travail "ne peut se faire que dans le dialogue social avec les syndicats, par entreprise : j'ai lu leur réponse, donc le débat est clos d'une certaine manière, puisqu'ils ont tous répondu plus ou moins fortement qu'il n'en était pas question", a expliqué sur Europe 1 le dirigeant de la principale organisation patronale française. 

"Sur le 'travailler plus', entendons-nous bien : ce que j'ai dit, c'est que j'espère que dans quelques mois la demande repartira", s'est justifié le président du Medef. "On peut espérer qu'après l'été ou en septembre, des entreprises auront du retard de production à rattraper. Et l'idée était de travailler plus pour gagner plus, pas de travailler plus pour gagner moins, comme je l'ai lu", a ajouté le patron de l'organisation patronale, qui espère trouver "quand même un espace de discussion à la rentrée" avec les syndicats.
 

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