Travail, Europe, et anecdotes : Macron dévoile son jeu dans un discours enflammé

Travail, Europe, et anecdotes : Macron dévoile son jeu dans un discours enflammé
Emmanuel Macron, lors de son meeting Porte-de-Versailles à Paris, le 10 décembre 2016.

Orange avec AFP, publié le samedi 10 décembre 2016 à 19h03

Pour son premier grand meeting à Paris, Emmanuel Macron a réservé à ses milliers de sympathisants réunis Porte-de-Versailles, à Paris, un discours fleuve où il a présenté les grandes lignes son projet présidentiel en vue de 2017.

Dans une longue première partie, le fondateur du mouvement "En Marche" s'est posé en "candidat du travail", proposant la baisse de son coût pour toutes les entreprises et un maintien de la durée légale du travail à 35 heures. "Notre projet, c'est de faire entrer la France dans le XXIe siècle, de faire gagner notre pays, de le faire réussir dans un monde qui se transforme", a lancé l'ancien ministre qui s'exprimait porte de Versailles à Paris devant "15.000 personnes" selon lui.

Critiqué par ses rivaux pour son manque de propositions à ce stade, Emmanuel Macron a assuré en retour défendre un "projet cohérent", qui "repose sur une vision d'ensemble".

"Nous continuerons à réduire le coût du travail pour les entreprises, parce que si les coûts sont trop élevés, les marges sont basses". "Je maintiendrai les allègements de cotisation déjà décidés ces dernières années mais je transformerai le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en allègements de charges pérennes", a t-il promis. Il a aussi réitéré sa proposition de supprimer les cotisations maladie et chômage payés par les salariés, transférées sur une hausse de la CSG. M. Macron a aussi assuré que les salaires nets augmenteraient. "Je demande un effort net à deux catégories: les revenus du capital (...) et la moitié des retraités les plus aisés, pour leurs enfants et petits-enfants", a-t-il enchaîné, promettant, contrairement à François Fillon, qu'il n'y aurait pas déremboursement de soins.


En matière de sécurité, Emmanuel Macron a promis le recrutement, s'il est élu président, de 10.000 policiers et gendarmes et le rétablissement de la "police de proximité", supprimée par Nicolas Sarkozy. Le candidat à la présidentielle compte sur "trois boucliers: un bouclier sécurité, un bouclier social actif et un bouclier européen". "Le premier bouclier, c'est celui de la sécurité: il n'y a pas de liberté qui vaille si chaque jour on a peur", a t-il fait valoir, ajoutant que "l'autorité de l'Etat doit être intangible et notre autorité inflexible".

Le candidat a également glissé quelques anecdotes qui ont fait mouche. Il a notamment a été chaleureusement applaudi lors de son passage sur l'éducation. L'ancien ministre a raconté à son audience une rencontre faite avec une fillette de 7 ans, qui souhaitait devenir traductrice pour "faire entrer sa mère dans la République".

Au début de son discours, Emmanuel Macron est également revenu sur un accrochage qui l'avait opposé à deux militants CGT, et où il avait lancé "Vous me faites pas peur avec votre t-shirt". Il y a parfois des malentendus, des échecs, des maladresses, des phrases qu'on regrette. Je veux d'ailleurs ce soir lever un malentendu récurrent : je n'ai rien contre celles et ceux qui portent des t-shirts. Il m'arrive moi-même d'en porter" a t-il déclaré, dans une forme de mea-culpa.

"OUI, NOUS DEVONS ÊTRE EUROPÉENS"

Emmanuel Macron a réservé une longue dernière partie à l'Europe. Évoquant sa volonté de redynamiser le "rêve de Schuman". "Seule l'Europe peut nous protéger" a t-il lancé. "Nous avons besoin d'Europe, de plus d'Europe. "Si nous voulons être ouverts, si nous voulons protéger les Français, oui, nous devons être européens!" a t-il lancé. Le meneur de "En Marche" a également évoqué la situation d'Alep, "plus grande atrocité de notre siècle", dans un plaidoyer pour les Droits de l'homme.

Le candidat à la présidentielle a finalement conclu son discours la voix éraillée, dans un dernier appel à la mobilisation de ses partisans, les exhortant à "aller faire gagner" le projet de "En Marche".

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