Traitée de "poissonnière" à l'Assemblée, Mathilde Panot obtient des excuses mais réclame "sanction"

Traitée de "poissonnière" à l'Assemblée, Mathilde Panot obtient des excuses mais réclame "sanction"
Mathilde Panot, en juillet 2020, à l'Assemblée nationale

, publié le jeudi 04 février 2021 à 12h25

L'élue de La France insoumise avait adressé un "rappel au règlement" dans l'hémicycle, après un échange houleux.

Qualifiée de "poissonnière" dans l'Assemblée nationale par le député LREM Pierre Henriet, l'élue insoumise Mathilde Panot a obtenu des excuses mais réclame "sanction" après cette "insulte sexiste".


"Ce n'est pas une question personnelle. C'est notre institution qui ne doit pas laisser passer ça.

Il y a beaucoup trop de sexisme à l'Assemblée nationale", a-t-elle affirmé.  "Je rappelle qu'il y avait eu des bêlements lors d'une prise de parole de la députée Alice Thourot (LREM) ou que mes collègues Clémentine Autain (LFI) et Elsa Faucillon (PCF) avaient été traitées de 'petites connes' par le député Meyer Habib (UDI)", a poursuivi l'élue du Val-de-Marne. Dans la vidéo des débats mardi soir, on entend clairement qu'un député lance "la poissonnière!", sans pouvoir l'identifier, avant une intervention de Mathilde Panot à la tribune.

Richard Ferrand condamne "fermement"

Mercredi, elle a adressé un courrier au président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, en réclamant une "sanction" contre "Monsieur Pierre Henriet", député LREM de Vendée à qui elle attribue l'insulte. "Le sexisme n'a pas sa place dans notre société, encore moins dans l'expression d'un élu de la République, au sein même de l'hémicycle", a souligné la présidence de l'Assemblée dans un communiqué. "Décidé à ne rien laisser passer", Richard Ferrand "évoquera ce sujet lors de la prochaine conférence des présidents" mardi prochain, a-t-il indiqué.



Le député mis en cause s'est excusé sur ses réseaux sociaux, réfutant cependant toute intention sexiste dans son propos. "@MathildePanot passe son temps à vociférer à la tribune et à couper la parole. J'étais excédé et mon propos n'est en rien une injure encore moins sexiste, c'est une expression pour dénoncer son comportement comme je le fais aussi pour ses collègues masculins", a-t-il soutenu.


"Si elle se sent à tort insultée, je la prie de bien vouloir m'excuser. Au passage, je remercie ses camarades insoumis pour les centaines d'insultes dont ils me couvrent - de quel côté donc est le mépris ?", a-t-il complété.
 

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