Trafic de drogue à Marseille : "On ne lâchera rien", promet Emmanuel Macron

Trafic de drogue à Marseille : "On ne lâchera rien", promet Emmanuel Macron
Emmanuel Macron dans un commissariat des quartiers du nord de Marseille le 1er septembre 2021.

publié le jeudi 02 septembre 2021 à 08h36

Au premier jour de sa visite dans la cité phocéenne, le chef de l'Etat a annoncé des financements pour 500 caméras vidéos et assuré que 200 policiers supplémentaires promis par le ministre de l'Intérieur arriveront avec un an d'avance d'ici la fin 2022. 

"Le cancer qui ronge la ville, (...) c'est la drogue". Au premier jour de sa visite à Marseille, Emmanuel Macron a abordé mercredi 1er septembre l'aspect sécurité.

"On ne lâchera rien" dans la lutte contre le trafic de drogue, a promis le président de la République devant les policiers d'un commissariat des quartiers du nord de Marseille frappés par ce fléau. 



"On a des résultats croissants, on va continuer et aller au bout, en vous donnant les moyens en créant l'irréversibilité de la fermeture des points de deal et en démantelant les réseaux les plus installés au niveau national et à l'international", a-t-il affirmé. "Cette action nous continuerons de la mener dans les prochains mois de manière déterminée", a-t-il assuré.

"On la mènera aussi en responsabilisant tout le monde localement", a ajouté le chef de l'Etat. "L'idée que dans certains quartiers ce serait branché de prendre de la drogue pour que dans d'autres il y ait des jeunes qui se fassent tuer parce qu'ils la vendent ou surveillent, c'est terminé", a-t-il martelé. "Les consommateurs de drogue sont des complices", a-t-il fustigé, comme l'avait déploré le ministre de l'Intérieur lors d'une visite en août, le lendemain de la mort d'un adolescent de 14 ans tué par balles près d'un point de deal. 

"Il n'y a aucun endroit dans Marseille où la police ne rentre pas. Ça n'existe pas", a martelé le président, en réponse aux critiques de la droite et de l'extrême droite après un reportage de Quotidien qui montre des dealers contrôler les entrées d'une cité. "Il faut traiter les symptômes", "parce que les habitants des quartiers demandent le droit de vivre tranquilles et dans la sécurité. Ils ne nous écouteront pas sur tout le reste si nous ne réussissons pas sur la sécurité", a ajouté le chef de l'Etat.

Quels moyens ?

Il a annoncé des financements pour 500 caméras vidéos, un outil qui fait débat dans la ville, et assuré que 200 policiers supplémentaires promis par le ministre de l'Intérieur arriveront avec un an d'avance d'ici la fin 2022.  Quant aux tribunaux, "nous répondrons à due proportion aux besoins évoqués", a insisté Emmanuel Macron, soulignant qu'après le renforcement des moyens de la police il ne fallait pas créer "un effet de thrombose" au niveau des tribunaux.

"Il faut aller bien au delà des 300 policiers supplémentaires pour avoir une police efficace", a commenté de son côté Yannick Ohanessian, adjoint au maire à la sécurité. "Il faut taper sur les consommateurs, ça ne suffira pas à lutter contre le trafic", a estimé pour sa part Rudy Mana, responsable du syndicat Alliance. 

"On ne va pas se plaindre qu'il met 150 millions d'euros pour le commissariat. On a envie d'y croire. Mais les promesses on en a eu tellement que c'est difficile à croire", a-t-il ajouté. "La police seule n'y arrivera pas, il faut arrêter de l'envoyer au casse-pipe".

En mars, le président du tribunal Olivier Leurent avait dénoncé le manque de salles d'audiences -il en manque 10 -et estimait qu'il faudrait 125 à 130 magistrats du siège (contre 114 à l'effectif actuellement) pour "tourner de manière satisfaisante" et éviter un déni de justice.

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