Thomas Guénolé débarqué de la liste insoumise pour les Européennes

Thomas Guénolé débarqué de la liste insoumise pour les Européennes
(photo d'illustration)

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 19 avril 2019 à 09h30

Accusé de harcèlement sexuel en interne, le politologue proche de la France Insoumise dénonce de son côté la dérive autoritaire du parti. Jeudi, il a annoncé entamer une procédure judiciaire à l'encontre du mouvement, avant d'être écarté de la liste insoumise en vue des Européennes, qui se tiendront le 26 mai prochain.

Après la rupture violente entre Thomas Guénolé et la France insoumise jeudi, le politologue a été écarté de la liste LFI pour les élections Européennes, où il figurait en 14ème position, non éligible en l'état actuel des intentions de vote.

C'est l'ancien membre d'Europe Ecologie les Verts, Sergio Coronado, qui a été remonté à sa place. Jeudi, la France insoumise a annoncé que Thomas Guénolé, avait fait l'objet d'un signalement par une militante pour "harcèlement sexuel". En réponse, l'intéressé s'est fendu d'un communiqué au vitriol pour dénoncer des "méthodes staliniennes" utilisées pour étouffer ses critiques sur le fonctionnement du mouvement. Le politologue a également annoncé une prise de mesures judiciaires contre LFI. Le mouvement lui a reproché de vouloir régler ses comptes.

"Ça me dégoûte"

Il "s'est débarqué tout seul", a estimé vendredi Manon Aubry, la tête de liste LFI pour les Européennes. "Bien sûr il y a la présomption d'innocence", a déclaré cette dernière sur RTL, en faisant valoir que le comité électoral de LFI n'avait "pas pris de décision" quant à une exclusion de Thomas Guénolé de la liste, sur laquelle son nom n'apparaissait plus jeudi d'après le site internet du mouvement. Mais LFI est "une organisation féministe et nous prenons au sérieux l'ensemble des témoignages de jeunes femmes qui peuvent nous contacter et émettre des doutes ou raconter des histoires qui peuvent s'apparenter à du harcèlement", a-t-elle souligné.


Alors qu'"une enquête est en cours en interne, il a pris les devants en faisant une instrumentalisation politique que je déplore. Ça me dégoûte; moi je ne fais pas de la politique pour ça", a-t-elle ajouté. Interrogée pour savoir si la jeune femme qui a mis en cause Thomas Guénolé avait porté plainte, elle a répondu que ce n'était pas à elle de donner cette information mais à la jeune femme de "choisir ce qu'elle fait de cette histoire". Le comité électoral de LFI a expliqué jeudi avoir "reçu un signalement d'une jeune femme dénonçant des faits pouvant s'apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé", et avoir en conséquence saisi le 3 mars sa "cellule de veille et de vigilance", qui a rendu son rapport au comité le 15 mars.

Mélenchon dit "tout ignorer de cette affaire"

Le chef des troupes Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé un peu plus tard dans la matinée sur Twitter. Il a affirmé qu'il "ignorait tout dans cette affaire". "Je n'ai été informé ni de l'existence d'une procédure ni de ses évolutions. Les instances du mouvement ont fonctionné, elles n'avaient ni à m'informer ni à me saisir", a-t-il indiqué. "Thomas Guénolé m'a affirmé son amitié et son soutien à de nombreuses reprises très récentes. Je suis stupéfait qu'il me mette en cause de cette façon", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon. Et de rajouter: "Décidément, rien ne me sera épargné". 


 

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