Tests: avec la "pression sanitaire", la priorisation "ne fonctionne plus"

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René-Paul Savary, vice-président de la commission d'enquête du Sénat sur l'épidémie de Covid-19, et  Olivier Veran de dos au Sénat à Paris le 24 septembre 2020
René-Paul Savary, vice-président de la commission d'enquête du Sénat sur l'épidémie de Covid-19, et Olivier Veran de dos au Sénat à Paris le 24 septembre 2020
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© AFP, Thomas SAMSON

, publié le jeudi 24 septembre 2020 à 18h26

La "priorisation" des tests de dépistage du coronavirus "ne fonctionne plus" face à l'augmentation de la "pression sanitaire", car les patients symptomatiques et les cas contacts représentent désormais à eux seuls "un nombre conséquent" de tests à réaliser, a reconnu jeudi le ministre de la Santé au Sénat.

Olivier Véran a toutefois estimé que les mesures telles que les 20 nouveaux sites de tests en cours de déploiement en Ile-de-France représentaient "des dispositions efficaces" et assuré que "les laboratoires s'apprêtent à faire encore davantage de tests demain".

Le ministre avait expliqué fin août que les laboratoires devaient assurer un accès plus rapide aux tests pour les personnes présentant des symptômes du Covid-19, les personnes ayant été en contact avec un cas confirmé et le personnel soignant, quitte à demander aux autres publics, notamment ceux ayant besoin d'un test négatif pour voyager, d'attendre pour se faire tester.

Mais "plus la pression sanitaire monte, plus le nombre de gens positifs et de cas contacts monte, plus le public prioritaire augmente", a-t-il expliqué, devant la commission d'enquête du Sénat sur la gestion sanitaire de l'épidémie de Covid-19.

"Face à cela, la priorisation demandée en août a fonctionné, jusqu'à ce qu'elle ne fonctionne plus. C'est allé très vite", a-t-il ajouté, au cours de ses plus de trois heures d'audition.

Il a toutefois affirmé que si le délai de résultats de tests dans certaines métropoles était "problématique", cet embouteillage n'était "pas responsable de la reprise épidémique" actuelle.

"Les délais se réduisent déjà, à mon avis les prochains chiffres seront bien meilleurs que les derniers", a-t-il aussi avancé.

En moyenne, 55% des résultats sont rendus dans les 36 heures, et les deux tiers dans les 48 heures, avait indiqué le ministre mercredi soir au cours d'un point presse.

"Si jamais nous étions en difficulté malgré" les nouvelles dispositions prises, "et si le nombre de cas prioritaires devenait tel que nous n'arrivions pas à faire face à l'objectif de la réduction des délais", le gouvernement pourrait revenir à la "prescription obligatoire" pour se faire tester, qui avait été supprimée mi-juillet.

"S'il fallait le faire, on le ferait", mais "pour l'instant on n'en est pas là", a précisé Olivier Véran.

Sur la question polémique des masques de protection, le ministre a réaffirmé que ses déclarations en mars et avril selon lesquels cet équipement devait être réservé en priorité aux soignants n'avait "pas de lien" avec la situation de pénurie.

L'objectif de reconstituer un stock stratégique d'Etat d'un milliard de masques (800 millions de masques chirurgicaux et 200 millions de FFP2, plus protecteurs), sera atteint "dans la semaine ou les 15 jours qui arrivent", a-t-il aussi indiqué.

Concernant Santé publique France, critiquée mercredi par sa prédécesseure Agnès Buzyn et confrontée à d'importants problèmes logistiques pendant la crise, Olivier Véran a suggéré de "réinterroger" son organisation dans les régions, la centralisation des équipements de protection dans un seul entrepôt, ainsi que l'intégration de l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) au sein de cette agence sanitaire.

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