Tentative d'incendie au domicile de Richard Ferrand : "une limite a été franchie", dénonce-t-il

Tentative d'incendie au domicile de Richard Ferrand : "une limite a été franchie", dénonce-t-il
Richard Ferrand préside l'Assemblée nationale le 5 décembre 2018.

Orange avec AFP-Services , publié le dimanche 10 février 2019 à 08h48

Richard Ferrand, dans un entretien au Journal du dimanche, s'inquiète pour "la santé démocratique" du pays. 

Après la tentative d'incendie de son domicile, Richard Ferrand estime qu'"une limite a été franchie". Dans les colonnes du Journal du dimanche dimanche 10 février, le président LREM de l'Assemblée nationale s'inquiète pour la "santé démocratique" du pays. 

Le départ de feu a été découvert vendredi 8 février, au pied de sa maison à Motreff, dans sa circonscription du Finistère.

Richard Ferrand se dit "naturellement choqué, et attristé", et "inquiet aussi à l'idée que (s)a compagne et (s)es filles aient pu se trouver (au) domicile". 



"C'est clairement un acte qui vise la maison d'un député", affirme Richard Ferrand. Selon lui, cette violence est inédite sous la Ve République. "La limite a été franchie", affirme-t-il. "Comme si on pouvait désormais s'autoriser à commettre des actes délictueux ou criminels, singulièrement envers les représentants de la nation. Ce n'est pas un signe de parfaite santé démocratique", pointe l'ancien ministre, qui a déposé plainte vendredi à la gendarmerie de Carhaix. Il remercie l'ensemble des responsables politiques et élus lui ayant adressé "des messages de grande chaleur républicaine", de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. 

80 cas d'agressions ou de locaux vandalisés 

"Rien ne permet à ce stade d'imputer (cette tentative d'incendie) à qui que ce soit", souligne le président de l'Assemblée, alors que de nombreux élus de la majorité ont été visés depuis le début de la crise des "gilets jaunes" en novembre.  "Nous observons depuis des mois des débordements, que j'ai régulièrement condamnés en ma qualité de président de l'Assemblée nationale" et qui "visent de nombreux collègues, de tous les bancs, de toutes les sensibilités". Ainsi "plus d'une soixantaine de députés ont été visés par des dégradations ou des menaces", dénonce le locataire de l'Hôtel de Lassay.



Interrogé par le Journal du dimanche, le ministre chargé des Relations avec le parlement Marc Fesneau a dénombré quant à lui 80 cas d'agressions ou de locaux vandalisés. "Il existe une violence sociale mais elle ne justifie pas la violence physique. Stop à la démagogie antiparlementaire ! Les fausses informations, la recherche de bouc émissaires, la remise en question de la démocratie, les attaques contre les élus : attention ! nous sommes en train de glisser vers un terrain dangereux", prévient-il. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.