Temps de parole du FN : Bruce Toussaint règle ses comptes avec Louis Aliot

Temps de parole du FN : Bruce Toussaint règle ses comptes avec Louis Aliot
Louis Aliot sur le plateau de la matinale de Bruce Toussaint le lundi 13 juin 2016.

, publié le lundi 13 juin 2016 à 17h50

- VIDÉO. L'échange entre Bruce Toussaint et son invité politique, l'eurodéputé Front national (FN) Louis Aliot, a été vif ce lundi matin sur I-Télé.

A l'origine de la tension, un papier publié par Le Parisien mettant en cause la stratégie du parti de Marine Le Pen, qui se plaint de ne pas être invité dans les médias, alors qu'il refuse le plus souvent les sollicitations. -

Le FN est-il, comme il le répète, exclu des médias ou refuse-t-il de s'y rendre ? La question revient sur le devant de la scène ce lundi après la publication d'un article du Parisien intitulé "le FN, faux paria des médias". Selon les informations du quotidien, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a adressé le 9 juin une lettre à neuf dirigeants de groupes audiovisuels pour pointer du doigt "la stratégie de communication politique" du FN. "Tous les diffuseurs nous ont signalé la même chose : ils reçoivent de manière récurrente des fins de non-recevoir de la part du FN", explique-t-on au CSA. Face à ce constat, l'organe régulateur du paysage audiovisuel a demandé aux groupes de la faire savoir. C'est chose faite avec Bruce Toussaint.

"VOUS AVEZ MIS UNE FATWA SUR CETTE CHAÎNE DE TÉLÉVISION"

Le présentateur de la matinale d'I-Télé, qui rejoindra France 5 au prochain mercato, a d'abord demandé au député FN s'il n'était pas "un peu mauvais joueur". Louis Aliot a rétorqué que pour être invité des radios et télévisions "il faut être parisien". "Si je ne vais pas dans certaines émissions, c'est que je ne peux pas, parce qu'entre Perpignan (où il est conseiller municipal, ndlr), Bruxelles ou Strasbourg (où il exerce son mandat de député européen), je ne suis que de passage à Paris. Mais quand je suis sollicité je viens, la preuve je suis là aujourd'hui (...) On a aussi nos emplois du temps", affirme-t-il.

"On me reproche souvent, ainsi qu'à mes collègues journalistes, d'inviter tout le temps Florian Philippot. C'est l'occasion pour moi de dire la vérité : c'est parce que vous n'êtes jamais disponible", a répondu Bruce Toussaint, expliquant que Louis Aliot n'était pas venu sur le plateau de sa matinale depuis deux ans. "Vous avez mis 'une fatwa' sur cette chaîne de télévision. Vous avez décidé, personnellement, que les gens qui regardent tous les matins I-Télé n'était pas digne d'avoir la parole du Front national", a ajouté le présentateur. Une idée repoussée par l'un des vice-présidents du FN : "je ne suis pas venu parce I-Télé avait congédié Éric Zemmour avec un procédé particulièrement cavalier".



Louis Aliot a assuré par ailleurs qu'il fallait "demander aux musulmans eux-mêmes de s'adapter aux règles républicaines", via des "questions très précises" aux "représentants français" de l'islam. "Il y a un problème de compatibilité entre la religion prise en tant que telle, islam, et les lois de la République. La République, elle est intangible, ce n'est pas à elle de s'adapter à la religion, mais c'est à la religion de s'adapter aux règles de la République française, pas chinoise ou islamique, française", a-t-il précisé.

Pour l'élu municipal de Perpignan, "l'islam radical est en train de surpasser le reste (de l'islam en France) par la pression qu'il exerce dans les quartiers, les intimidations qu'il exerce". "Les musulmans entre guillemets modérés subissent ces agressions et sont obligés de se taire. L'idéologie de l'islam radical imprègne et fait pression", a insisté Louis Aliot.

"Louis Aliot démontre une nouvelle fois que le fonds de commerce politique du FN, c'est la stigmatisation des Français musulmans. Pour lui être musulman modéré c'est forcément, je cite, entre guillemets", a réagi à l'AFP Corinne Narassiguin, porte-parole du Parti socialiste. "Car pour le FN, un musulman est toujours présumé sous influence islamiste étrangère, sa citoyenneté française et son respect pour les valeurs fondamentales de la République seraient nécessairement suspects", a-t-elle ajouté.

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