Taubira dénonce les "provocations déplacées" de Sarkozy

Taubira dénonce les "provocations déplacées" de Sarkozy
L'ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira, à l'université de New York, le 29 janvier 2016 (photo d'archives).

Orange avec AFP, publié le jeudi 28 juillet 2016 à 17h24

- "Provocations déplacées", "mises en cause opportunistes", "radotages malséants"... Christiane Taubira a violemment riposté mercredi aux attaques et accusations de la droite après l'assassinat du prêtre Jacques Hamel, mardi à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).

Pour l'ancienne garde des Sceaux, "ce qui nous arrive exige, supplie que chacun s'élève à hauteur des nécessités de protection des citoyens et de consolidation de notre État de droit". -

"Mais de quoi la droite a-t-elle donc si peur pour ne reculer devant aucune abjecte accusation ?", s'interroge l'ancienne garde des Sceaux dans un message publié le mercredi 27 juillet sur son compte Facebook. "Après quatre ans de violence verbale gratuite, elle ne parvient pas à se libérer l'esprit et à raisonner. Elle ressasse encore, les mêmes poncifs, contre la même cible", écrit Christiane Taubira qui multiplie ces derniers jours les posts sur les réseaux sociaux. Dans un long texte publié le 23 juillet, elle avait déjà dénoncé, après l'attentat du 14 juillet à Nice, "ceux qui font commerce de la peur, de l'angoisse, de la douleur d'autrui et vocifèrent sans respect des larmes", en allusion aux déclarations de plusieurs élus de droite.

Dans son nouveau post, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle charge plus particulièrement Nicolas Sarkozy, "candidat putatif à la fonction suprême, dont nous savons comment il l'a exercée, sur quel ton, sous quelle forme, avec quelles méthodes et quels discours". Elle liste un bilan sans concession du quinquennat de l'ancien président : "Qu'on se rappelle sa politique de gribouille, les bricolages multiples du code pénal et du code de procédure pénal, le triplement de la récidive, les injonctions contradictoires de la loi pénitentiaire, les réductions d'effectifs d'enquêteurs, de magistrats et de greffiers, la suppression de la police de proximité, le retrait des services publics et donc de la présence de l'État" ou "l'étranglement des associations de quartiers", écrit-elle.



DÉFENSE DE SA POLITIQUE PÉNALE

"Avons-nous eu l'idée de l'accuser de quoi que ce soit après les horribles crimes terroristes de Toulouse et Montauban ? Non. Par respect pour la souffrance des familles. Par décence. Par sens des responsabilités", ajoute-t-elle.

Christiane Taubira, accusée par le FN et une partie de la droite d'avoir mené une politique "laxiste" lors qu'elle était à la Place Vendôme, a également défendu son bilan : "La réforme pénale concerne exclusivement les délits", répond l'ancienne ministre. "L'échelle des peines pour les actes terroristes et les crimes n'a pas changé. Ni même pour les délits d'ailleurs". "Une peine plus efficace, la 'contrainte pénale', s'ajoute à l'arsenal des peines et peut concerner des personnes présentant des profils justifiant un suivi d'interdictions et d'obligations ; elle est prononcée selon l'appréciation de juges indépendants. Qu'y a-t-il d'énervant à cela ? Que craignent-ils, que craint-il ?", questionne Christiane Taubira à l'adresse même de Nicolas Sarkozy.

Christiane Taubira a quitté le gouvernement en janvier 2016 pour protester contre le projet de révision constitutionnelle permettant la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour terrorisme, finalement abandonné par l'exécutif.

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