Syndicaliste voilée à l'Assemblée : "Quand j'ai vu ces images, j'ai été estomaquée", assure Ségolène Royal

Syndicaliste voilée à l'Assemblée : "Quand j'ai vu ces images, j'ai été estomaquée", assure Ségolène Royal
Ségolène Royal le 6 septembre 2020 au Festival de Deauville.

, publié le vendredi 18 septembre 2020 à 13h32

Pour l'ancienne ministre de l'Environnement, l'attitude de la vice-présidente de l'Unef, venue voilée à l'Assemblée nationale, relève du "militantisme" et de la "provocation".

Faut-il encadrer plus sévèrement le port des signes religieux ? Des députés Les Républicains et une élue La République en marche ont quitté jeudi 17 septembre une audition à l'Assemblée sur le Covid-19 et la jeunesse, pour protester contre la présence d'une syndicaliste étudiante voilée, la vice-présidente de l'Unef Maryam Pougetoux. 

Une position partagée par Ségolène Royal. "Quand j'ai vu ces images, j'ai été estomaquée", a-t-elle commenté vendredi matin sur BFMTV, assurant qu'elle aurait quitté la salle "pour marquer le coup". 




Le règlement de l'Assemblée nationale permet le port de signes religieux pour les personnes auditionnées ou celles assistant aux débats parlementaires, alors qu'il est interdit dans l'administration française.

"Ce n'est pas clair. Disons que Le règlement de l'Assemblée nationale n'a pas prévu ce cas, parce que c'était imprévisible", a répliqué Ségolène Royal. "Pourquoi est-ce qu'elle a pu entrer sans que l'alerte ne soit donnée, sans qu'il y ait une discussion avec elle?", s'est par ailleurs interrogée l'ancienne ambassadrice des pôles, qui estime que l'attitude de la jeune femme relève du "militantisme".

"Il faut du respect mutuel, des uns et des autres", a-t-elle poursuivi, pour qui la présence d'un hijab à l'Assemblée nationale relève également de la provocation. "Elle sait qu'elle provoque, elle a le droit de provoquer, heureusement qu'on peut être provocateurs dans notre société, mais en face il y a des limites, il y a la règle", a-t-elle fustigé. 

"Le militantisme reste à la porte des commissions parlementaires, il y a aucune raison d'en faire un drame, il faut de la fermeté", a néanmoins tempéré Ségolène Royal, préconisant de "rappeler les règles de la laïcité, sans en faire des tonnes". "Les règles religieuses ne doivent jamais l'emporter sur les règles civiles, les règles publiques, les règles de la République", a-t-elle martelé, avant de conclure: "Plus on sera fermes sur ce sujet-là, moins il y aura de polémiques."

"Evitons d'hystériser le débat"


Anne-Christine Lang, la députée LREM qui a quitté la réunion, a réclamé de son côté vendredi dans un entretien à L'Expressl'interdiction des signes religieux lors des auditions au Parlement, une position partagée par des élus LR. "L'Assemblée nationale n'a pas à être le théâtre du militantisme islamiste. En dehors de l'audition de responsables religieux il faut interdire les signes religieux à l'Assemblée", a fustigé le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, sur T witter. "Il faut changer le règlement afin que tous les espaces parlementaires soient neutres sur le plan de la religion", a fait valoir le vice-président des LR et maire de Chalôn-sur-Saône (Saône-et-Loire), Gilles Platret.

Sur LCI, le patron d'EELV, Yannick Jadot, a estimé en revanche, que cette polémique est "une rupture complète avec les principes de la laïcité". "Cette Assemblée nationale a fait venir en son temps, l'abbé Pierre qui a même été député", a-t-il rappelé. Le célèbre religieux fut député de la Meurthe-et-Moselle de 1946 à 1951.

"Evitons d'hystériser le débat", a fait valoir la ministre du Travail, Elisabeth Borne sur Sud Radio. "Je suis pour le respect de la loi (...), donc je pense qu'il faut éviter de créer de la crispation inutile sur ces sujets", a-t-elle souligné.

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