Suppression de fonctionnaires: Pécresse renchérit, Bertrand veut du "sur-mesure", Barnier sceptique

Suppression de fonctionnaires: Pécresse renchérit, Bertrand veut du "sur-mesure", Barnier sceptique
Au siège du parti Les Républicains (LR), le 19 octobre 2021, à Paris

publié le mercredi 20 octobre 2021 à 12h43

Valérie Pécresse, candidate à l'investiture de LR à la présidentielle, veut désormais supprimer "près de 200.000 postes" de fonctionnaires dans la "gestion de l'administration" pour recruter dans d'autres secteurs, proposition accueillie avec scepticisme par Michel Barnier, tandis que Xavier Bertrand veut du "sur-mesure".

"En réalité, on sera plus près de 200.000 suppressions de postes dans un certain nombre de fonctions de gestion de l'administration et on aura des créations de postes dans les trois missions cruciales: éduquer, protéger, soigner", a indiqué mercredi la présidente de la région Ile-de-France sur franceinfo. 

L'ancienne ministre avait proposé de supprimer "150.000 postes" dans "l'administration administrante" durant le prochain quinquennat, lundi soir dans un entretien au journal L'Opinion.

"Nous aurons besoin de recruter un certain nombre de fonctionnaires dans les secteurs dans lesquels on en manque", par exemple "la justice, parent pauvre de toutes les politiques publiques", mais aussi dans l'éducation et "le soin", a-t-elle précisé.  

Pour permettre ces suppressions de postes, il faudra, selon elle, "revoir complètement toutes les politiques publiques" et "arrêter les doublons" car "Etat, régions, départements, communes font tout en même temps avec des services qui se concurrencent".

"Aucun ministère n'échappera à cette revue générale des politiques publiques", a-t-elle averti, tout en proposant "un acte III de la décentralisation".

Autre prétendant, Eric Ciotti a proposé pour sa part sur Public Sénat de "diminuer de 250.000 le nombre de fonctionnaires".

Interrogé sur ces suppressions de postes, l'un de leurs rivaux pour le congrès de LR, Michel Barnier, a assuré sur RTL qu'il "ne fera(it) pas ça" car "on ne peut pas rendre les fonctionnaires responsables quand l'Etat ne fonctionne pas".

Citant en exemple la politique de Laurent Wauquiez à la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il a estimé qu'"on peut diminuer les frais de fonctionnement sans baisser le niveau de la qualité du service public". Il a aussi évoqué la possibilité de "redéploiements", sans préciser davantage.

"N'affichons pas une diminution du nombre de fonctionnaires", a abondé un autre candidat Philippe Juvin sur Cnews, estimant que "nous nous sommes beaucoup trompés dans le passé sur les services publics en jouant un peu le Père Fouettard, c'est une erreur".

Le maire de la Garenne-Colombes propose en revanche une "redistribution de 200.000 postes en front office, c'est-à-dire au contact des Français".

"Je pense que l'on doit réduire le nombre de fonctionnaires à l'occasion des départs en retraite et des fins de contrats, mais moi je veux être capable de faire du sur-mesure", a plaidé sur Sud Radio Xavier Bertrand, autre candidat à l'investiture LR.

"A l'hôpital, par exemple, je ne toucherai pas au cheveu d'un seul soignant", a-t-il dit. "Par contre, sur toute la partie administrative à l'hôpital, où les effectifs administratifs ont augmenté de façon importante, c'est là où on doit pouvoir réduire", a-t-il ajouté.

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