Stéphane Le Foll chahuté lors d'un meeting à Bordeaux

Stéphane Le Foll chahuté lors d'un meeting à Bordeaux
Le porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture Stéphane le Foll le 29 juin 2016 en meeting à Bordeaux.

Orange avec AFP, publié le jeudi 30 juin 2016 à 14h40

- Alors qu'il tenait mercredi soir à Bordeaux une réunion publique autour de parlementaires girondins, le porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture a été vivement pris à parti. -

Initiateur et animateur de "Hé oh la gauche", mouvement lancé en avril dernier pour remobiliser la gauche en faveur du président François Hollande, Stéphane Le Foll était à Bordeaux mercredi soir pour défendre une nouvelle fois l'action gouvernementale à l'invitation de treize parlementaires socialistes girondins lors de la réunion publique "Pour la France, pour la gauche" à l'Athénée municipal.

Un rendez-vous des plus agité rapportent, Le Figaro et Rue89 Bordeaux.

L'agitation avait commencé avant même le début du meeting du ministre de l'Agriculture. Sur le parvis de l'Athénée, une dizaine de personnes s'étaient réunies pour entonner "cette société, on n'en veut pas. C'est vous les casseurs, c'est vous les racailles", selon Rue89 Bordeaux. "Contre la loi Travail et son gouvernement de casseurs", pouvait-on également lire sur un grand panneau. Les mécontents se trouvaient aussi à l'intérieur de la salle et n'ont pas manqué de commenter à haute voix les discours de la députée PS Michèle Delaunay et du président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, qui accompagnaient le ministre. Alors que le ton montait, Alain Rousset peinait à contenir son énervement : "Ce qui est scandaleux, c'est ne pas écouter", a-t-il rétorqué aux sifflets de la salle .





EXPULSIONS

La situation ne s'est pas améliorée lorsque Stéphane Le Foll a pris la parole. "La contestation est toujours légitime, la discussion est toujours nécessaire", a-t-il assuré, tout en énumérant les actions de la gauche depuis son arrivée au pouvoir : prime d'activité, Cop 21, tiers-payant, loi sur l'école. Des sifflets et des huées toujours. Un photographe devant la scène s'est même agacé, raconte Rue89 Bordeaux, s'en prenant à Alain Rousset et à Stéphane Le Foll, qu'il qualifiait de "ministre des pesticides", avant d'être évacué "manu militari", dixit le site internet, par les services d'ordre.

À la fin de son discours, le ministre a été autant sifflé qu'ovationné et la réunion a été écourtée, explique Le Figaro. Preuve de la grande tensions qui régnait, un homme s'approchant de lui avec un panneau "Valls démission", a été brutalement plaqué au sol par les services d'ordres, comme en atteste une vidéo du média girondin. Sous le choc, il peine à se relever et crie au scandale : "C'est ça la démocratie ? On n'a même pas le droit de poser des questions", hurle-t-il. En tout, une quinzaine de personnes auront été expulsées.



Dans une interview à France Bleu, Michèle Delaunay a voulu dédramatiser la situation, estimant que la réunion n'avait pas été "débordée" mais "perturbée". "La salle était bondée, mais il y avait vingt agitateurs qui étaient là, nous les connaissons, et nous n'avons pas voulu filtrer", justifie-t-elle au micro de la station, fustigeant la présence de militants "qui n'avaient pas envie de débattre, mais uniquement de l'insulter (Stéphane Le Foll, NDLR), de le traiter avec des mots très déplaisants". Selon elle, ces agitateurs ne "sont pas de gauche", et ont "des méthodes d'extrême droite".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.