Sortie du film "Présidents" : quand François Hollande et Nicolas Sarkozy s'échangent des rosseries

Sortie du film "Présidents" : quand François Hollande et Nicolas Sarkozy s'échangent des rosseries
François Hollande et Nicolas Sarkozy à Paris, le 8 mai 2020.

publié le mercredi 30 juin 2021 à 11h40

François Hollande et Nicolas Sarkozy alliés pour faire barrage à Marine Le Pen ? C'est le postulat du film "Présidents", d'Anne Fontaine. Dans la vraie vie, les deux hommes n'ont jamais caché une certaine animosité, qui s'est une fois de plus matérialisée à l'occasion de la sortie du long-métrage.

François Hollande s'est permis une saillie sur prédécesseur Nicolas Sarkozy, lors de l'avant-première du film "Présidents", un film qui imagine les deux hommes s'allier pour une dernière campagne présidentielle face à Marine Le Pen, a rapporté Le Parisien mardi 29 juin.

Mais le mari de Carla Bruni n'est pas en reste, et a lui aussi sorti quelques bons mots sur son successeur.

La scène s'est déroulée le 18 juin dernier, dans le fief historique de François Hollande, Tulle. L'ancien président avait été invité à rejoindre sur scène la réalisatrice Anne Fontaine et les acteurs après la projection. "Ce que j'appréhendais dans ce film, c'est comment allait être représenté Nicolas Sarkozy, a déclaré François Hollande déjà dans le registre de l'humour. J'avais peur qu'il soit maltraité."

"Le film est très spirituel, profond, mais il est aussi très drôle, a-t-il encore estimé. Même Nicolas Sarkozy n'est pas caricaturé. On s'attache presque à lui. Même si je n'irais pas jusque-là." Non content d'ironiser sur son prédécesseur, il s'est également moqué de son successeur. Interrogé sur une allusion à Emmanuel Macron dans le film, François Hollande a répondu : "On peut être de droite, de gauche, il y en a même qui ne sont rien du tout".


Mais c'est bien la relation entre "François" et "Nicolas" qui est au centre du film, dans le lequel les deux hommes deviennent relativement proches. "On a formé un tandem, comme avant nous les Giscard-Mitterrand, Chirac Mitterrand et Chirac-Jospin, a estimé François Hollande, cité par Le Parisien. On a commencé ensemble, élus députés en 1988, puis chacun tête de liste aux européennes de 1999. Ce n'est pas un mauvais collègue ! À droite, c'est quand même l'un des meilleurs. Il peut être drôle, avec de la profondeur. Ce qui trouble la relation, c'est d'être rivaux. On a toujours une amertume envers celui qui vous a battu. On pense qu'on n'a pas été battu par l'autre, mais par les circonstances. Ce qui est vrai aussi."

Au-delà de ses relations avec Nicolas Sarkozy, François Hollande a apprécié que le film raconte l'état d'esprit qui peut être celui d'un ancien président. "Une fois qu'on a été Président, qu'est-ce qu'on peut faire ?, s'est-il interrogé. J'ai traversé les mêmes tourments que mon personnage joué par Grégory Gadebois. Ce qui est dur, c'est de passer d'une vie intense au point que chaque minute est décisive, puis vous quittez l'Élysée et vous vous dites : 'qu'est-ce que je vais faire demain ?' Rien. C'est comme une rupture amoureuse."

De son côté, Nicolas Sarkozy n'a pas encore vu le film. Mais sa sortie a pour lui aussi été l'occasion de se moquer de son ancien adversaire politique, en se félicitant que son personnage soit interprété par Jean Dujardin. "C'est l'un de nos grands acteurs et c'est un grand honneur pour moi, a-t-il confié au Parisien. En plus, c'est un homme sympathique et intelligent, j'ai eu la chance de le rencontrer, je l'apprécie beaucoup. Non, je ne lui ai donné aucun conseil. Je suis très admiratif du travail d'acteur ou de réalisateur, ce n'est pas mon métier, je ne pense pas que je saurais le faire. Mais j'irai le voir."

"Eh oui... Il n'a pas de chance, François Hollande, a encore ironisé Nicolas Sarkozy. Jean Dujardin, c'est moi."

Interrogé sur le fait que son successeur avait participé à une avant-première à Tulle, l'ancien président s'est autorisé une dernière pique. "Pour moi, c'est toujours un effort de lire un livre sur moi ou de voir un film qui m'est consacré, a-t-il expliqué. J'ai beaucoup de défauts, mais je ne suis pas trop narcissique. C'est peut-être mon côté normal."






 

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