Sortie de Macron perturbée aux Bouffes du Nord : non-lieu requis pour Taha Bouhafs

Sortie de Macron perturbée aux Bouffes du Nord : non-lieu requis pour Taha Bouhafs
Le journaliste Taha Bouhafs, à Paris, le 21 février 2020.

, publié le jeudi 11 mars 2021 à 16h23

Le parquet de Paris demande un non-lieu "faute d'éléments probants" pour le journaliste Taha Bouhafs, suspecté d'avoir incité en janvier 2020 des manifestants à investir le théâtre des Bouffes du Nord où Emmanuel Macron assistait à une représentation, a appris l'AFP jeudi de source proche du dossier.

Dans ces réquisitions du 21 janvier dont l'AFP a pris connaissance, le parquet de Paris estime qu'aucun "élément de preuve suffisant n'a permis d'établir que (Taha Bouhafs) soit à l'origine de la fuite initiale de l'information" sur la présence d'Emmanuel Macron au théâtre.

Il estime aussi ne pas avoir d'éléments probants sur sa participation supposée "à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction de biens ou qu'il ait organisé une manifestation sur la voie publique sans déclaration".

Ces réquisitions vont dans le sens de la juge d'instruction qui a clôt les investigations sans mettre en examen le jeune homme. Elle devrait désormais rendre une ordonnance de non-lieu, synonyme d'abandon des poursuites.

Le vendredi 17 janvier 2020, au 44e jour de grève contre la réforme des retraites, le chef de l'État assiste en compagnie de son épouse Brigitte Macron à une représentation au théâtre parisien des Bouffes du Nord de "La Mouche", de Christian Hecq et Valérie Lesort.

La représentation avait été brièvement interrompue par l'intrusion de manifestants.

Se trouvant dans la salle, le journaliste Taha Bouhafs, connu pour sa couverture en images des conflits sociaux et par son engagement militant, avait été interpellé, sur désignation d'un membre de la sécurité de la présidence, selon le réquisitoire définitif. Il était suspecté d'avoir incité au rassemblement.

Présenté à une juge d'instruction le lendemain, il avait été placé sous le statut de témoin assisté. 

Lors de l'interrogatoire, son avocat Me Arié Alimi avait présenté en effet un tweet d'un autre compte, antérieur d'une dizaine de minutes à celui de son client, tendant à le disculper : il annonçait la venue de M. Macron au théâtre et appelait à se rassembler sur place.

La demande de non-lieu est "un désaveu cinglant pour l'Élysée" s'est félicité M. Bouhafs. "Si c'est confirmé par la juge d'instruction, ce qui est probable, une plainte pour dénonciation calomnieuse par l'Élysée et ses services sera déposée par mon avocat Me Arié Alimi".

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