SNCF : Édouard Philippe dénonce un "détournement du droit de retrait"

SNCF : Édouard Philippe dénonce un "détournement du droit de retrait"
Édouard Philippe, le 19 octobre 2019, à la gare de l'Est
A lire aussi

Orange avec AFP-Services, publié le samedi 19 octobre 2019 à 13h11

Alors que le trafic ferroviaire était encore très perturbé ce samedi, le Premier ministre a fustigé une "grève sauvage" à "l'impact inacceptable pour des dizaines de milliers". Il a demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites, "y compris judiciaires", a-t-il précisé.

Comme vendredi, le trafic SNCF restait très perturbé samedi, au premier jour des vacances scolaires, en raison d'un mouvement de contestation des cheminots, qui évoquent leur droit de retrait après un accident qui a fait plusieurs blessés mercredi.

La direction accuse de son côté les conducteurs et contrôleurs de faire une "grève illégale". "Ce n'est pas admissible. C'est une grève surprise qui ne respecte pas la loi", a réagi samedi Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF sur BFMTV. "Ce n'est pas aujourd'hui un droit de retrait, il n'y a aucun danger grave et imminent sur aucun train à la SNCF", a-t-il insisté.

Un avis partagé par Édouard Philippe. Alors qu'il visitait le Centre national des opérations ferroviaires à Paris aux côtés de M. Pepy et du secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, le Premier ministre a dénoncé samedi midi un "détournement du droit de retrait"et une "grève sauvage à "l'impact inacceptable pour des dizaines et des dizaines de milliers de Français". "J'ai demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites, y compris judiciaires, qui pouvaient être données lorsque des gens ne respectent pas la loi", a déclaré le chef du gouvernement. 


Le droit de retrait est "un droit syndical que je respecte parfaitement, mais qui n'est pas mis en oeuvre et s'est transformé en une grève sauvage", a insisté Edouard Philippe, critiquant vivement une "volonté de ne pas respecter la loi sur la grève dans les services publics, de la détourner pour avoir un impact maximal sur les Français". "C'est évidemment inacceptable", a-t-il martelé dans un "message ferme". "Trois millions de Français doivent prendre le train un jour comme celui-ci", a rappelé le Premier ministre, évoquant une "situation inédite". "Nous sommes en train de regarder toutes les solutions juridiques pour que les conducteurs" qui ont cessé le travail le "reprennent" et "nous les mettons en demeure", a ajouté le patron de la SNCF. S'ils ne le font pas, "ils vont évidemment s'exposer au droit disciplinaire". Plus tôt dans la matinée, M. Pepy avait également annoncé son intention d'aller devant la justice pour faire reconnaître qu'il s'agissait d'une grève "surprise".
"Ce n'est pas une grève inopinée, c'est un droit de retrait. La direction doit arrêter les déclarations mensongères", a réagi auprès de l'AFP Julien Troccas, secrétaire confédéral de Sud-Rail.

"Il y a péril"

"Ça a peut-être les effets d'une grève pour les usagers, c'est pénalisant, mais ce n'est pas une grève", a également assuré sur Europe 1 Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots. "Il y a péril", a-t-il assuré. Cet arrêt de travail fait suite la collusion d'un un TER reliant Charleville-Mézières à Reimset d'un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau à Saint-Pierre-sur-Vence (Ardennes) qui a fait 11 blessés, dont le conducteur. 

"Ce qui est en question dans l'accident de mercredi, c'est un type de matériel et un mode d'exploitation", a-t-il détaillé. "En cas de collision frontale, avec ce type de matériel, il y a de forts risques qu'il annihile les deux systèmes d'alertes lumineux et sonores, qui sont très importants pour éviter un 'surraccident' dans l'accident".

"Chaque conducteur qui utilise un certain type de matériel peut s'estimer en danger en cas de collision frontale, d'autant plus qu'il est seul à bord du train", a enchaîné le syndicaliste. "Ça correspond à un péril imminent dans la mesure où vous additionnez les difficultés et les risques". Cette solitude des conducteurs est en effet au cœur des revendications des syndicats. Lors de l'accident, "le conducteur était lui-même blessé, il a dû descendre de son train", précise Rémi Aufrère-Privel. "Nous avons demandé à la direction de remettre des contrôleurs à bord de ces trains", a-t-il ajouté. Mais, regrette-t-il, "la direction n'a pas voulu nous répondre sur ce sujet".
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.