SNCF : "C'est la loi qui décide", pas un référendum

SNCF : "C'est la loi qui décide", pas un référendum
L'intersyndicale (CGT, Unsa, SUD et CFDT) de la SNCF organisera une "vote-action pour ou contre" la réforme de la SNCF du 14 au 21 mai.

Orange avec AFP, publié le jeudi 10 mai 2018 à 15h00

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a expliqué ce jeudi 10 mai que le référendum sur la réforme de la SNCF, proposé aux cheminots par les syndicats, n'empêcherait pas pas le maintien du texte. "C'est la loi qui décide", pas un référendum interne, a répondu de son côté le porte-parole des députés LREM, Gilles Le Gendre.

"Cette réforme ne concerne pas simplement la SNCF, en interne, mais tous les Français" et, dans ce cas, "les décisions se prennent au Parlement avec le gouvernement", a déclaré la ministre du Travail sur RTL.

Si "les organisations syndicales ont le droit de prendre les initiatives qu'elles veulent", "le dialogue social n'est pas le lieu où tout se décide" et l'"Assemblée nationale s'est déjà prononcée en faveur de cette réforme", a-t-elle poursuivi.

Affichant son unité contre le gouvernement, l'intersyndicale de la SNCF a annoncé mercredi une consultation du 14 au 21 mai pour demander aux cheminots s'ils sont "pour ou contre" la réforme ferroviaire. Pour Muriel Pénicaud, si le non l'emporte massivement, "cela voudra dire qu'il y aura encore beaucoup de travail d'explication à faire et qu'une grande partie des salariés de la SNCF ne comprennent pas encore que (cette réforme) va sauver la SNCF".



Invité de France Info, le député LREM de Paris Gilles Le Gendre a lui expliqué que c'est "la loi qui décide", pas des référendums dans une entreprise. Ce référendum n'est "pas embarrassant", a ajouté le porte-parole des députés LREM en estimant qu'il "entretient l'illusion selon laquelle, parce qu'il y aurait une réponse massive d'opposition à la réforme, on pourrait revenir dessus. Ce n'est pas vrai", a-t-il dit.



"Je remarque qu'on pose la question sur la réforme, on ne leur dit pas 'est-ce que vous êtes pour la poursuite de la grève ?'", a-t-il noté. "Nous sommes entrés dans une nouvelle phase qui doit conduire à la fin de la grève parce qu'elle est souhaitable, que les Français ne comprennent pas ce conflit et qu'elle est possible parce le cadre de la loi a été voté", a-t-il expliqué. 

"On est en train tous de chercher un scénario qui permette de sortir de la crise sans évidement que personne ne perde la face. C'est notre ambition. C'est notre volonté dans un cadre de la réforme qui lui ne bougera pas", a-t-il insisté. L'élu a par ailleurs ironisé en estimant que c'était "amusant de voir la CGT ou La France Insoumise utiliser maintenant les référendums qu'ils décriaient quand on les a introduits dans les ordonnances sur le travail".

Les syndicats de la compagnie ferroviaire ont entamé début avril un mouvement de grève contre la réforme ferroviaire. Le prochain épisode de deux jours de grève sur cinq doit débuter samedi soir. Une journée "sans cheminots" est prévue lundi.

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