"Si on ne veut pas mettre le feu à la société quand on est ministre de l'Intérieur, on pèse ses mots ou on se tait", estime Aurélien Pradié

"Si on ne veut pas mettre le feu à la société quand on est ministre de l'Intérieur, on pèse ses mots ou on se tait", estime Aurélien Pradié
Aurélien Pradié, le secrétaire général des Républicains, à l'Assemblée, en avril 2020.

, publié le jeudi 30 juillet 2020 à 10h45

Le secrétaire général des Républicains a vivement critiqué le ministre de l'Intérieur. Gérald Darmanin, qui a dit "s'étouffer" en "entendant le terme 'violences policières'".

Le secrétaire général des Républicains Aurélien Pradié n'a pas mâché ses mots jeudi à l'encontre du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. "L'expression de Gérald Darmanin (qui avait dit "s'étouffer" en "entendant le terme 'violences policières'", ndlr), je la trouve plus que déplacée", a déclaré le député du Lot sur France Info. 

"Lorsqu'on est ministre de l'Intérieur, sa parole compte, on ne fait pas de traits d'humour noir ou sinistre comme cela et on ne prononce pas ces phrases d'étouffement, parce qu'on sait que ça résonne dans notre société", a-t-il poursuivi avant d'ajouter : "Si on ne veut pas mettre le feu à la société lorsqu'on est ministre de l'Intérieur, on pèse ses mots ou on se tait."



Gérald Darmanin a rejeté mardi le terme de "violences policières" devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, prononçant une phrase qui a suscité une vive polémique.

"Quand j'entends le mot 'violences policières', personnellement, je m'étouffe", a-t-il déclaré. Ces propos font écho à l'affaire Cédric Chouviat, mort après avoir dit neuf fois "j'étouffe" à la suite d'une interpellation policière en janvier. La phrase du ministre a été très critiquée dès mercredi par la famille Chouviat et par de nombreux responsables politiques de gauche.

"C'est une expression française utilisée communément, comprise par tous. Il n'y avait aucune arrière-pensée. Il ne s'agit en aucun cas d'un parallèle dans une affaire où des mises en examen ont été prononcées", a précisé mercredi à l'AFP l'entourage de Gérald Darmanin. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a lui aussi souligné que les déclarations de Gérald Darmanin n'étaient "évidemment pas liées" au décès de Cédric Chouviat.

Le numéro 3 des Républicains a par ailleurs estimé que la position du ministre de l'Intérieur n'était "plus tenable", faisant référence à l'information judiciaire en cours visant Gérald Darmanin après une accusation de "viol", accusation réfutée par le ministre. "La présomption d'innocence est un principe fondamental, une démocratie dans laquelle il n'y a plus de présomption d'innocence est une démocratie qui crève. Mais une démocratie dans laquelle il n'y a plus d'honneur politique est aussi une démocratie qui crève", a jugé Aurélien Pradié avant d'ajouter que "son comportement (parlant de Gérald Darmanin, ndlr) et ceux qui l'ont nommé dégradent la fonction politique".

"Le comportement que manifestement a eu Gérald Darmanin n'est peut-être pas répréhensible par la loi, ce n'est pas à moi de le dire, mais à la justice. Est-ce qu'il est, du point de vue de la dignité politique, de l'honneur politique, tenable ? Est-ce que sa position comme ministre de l'Intérieur est tenable aujourd'hui ? Je pense que non", a-t-il poursuivi. 
 

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