"Si on avait attendu l'Etat pour avoir des masques, on n'en aurait pas aujourd'hui", estime François Bayrou

"Si on avait attendu l'Etat pour avoir des masques, on n'en aurait pas aujourd'hui", estime François Bayrou
Le président du MoDem et maire de Pau François Bayrou à côté du président de la République.
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, publié le dimanche 24 mai 2020 à 18h34

Interrogé sur BFM TV, le maire de Pau a également fait valoir qu'en de telles circonstances, le pouvoir local devait prendre le relais.

"On a découvert que la ligne de défense la plus efficace, c'était celle qui était décidée au plus près", a insisté le président MoDem, qui répondait à une question sur la gestion des stocks de masques. Pour lui, "les maires qui hier se voyaient bloqués, verrouillés, limités dans leur action, tout d'un coup les autorités supérieures ont été obligées de s'en remettre à l'action locale".

Et d'expliquer que les maires auraient "pu attendre longtemps" les masques de l'Etat.

"A Pau on a donné à quatre masques réutilisables à chacun des Palois qui le souhaitaient. Cette nécessité de faire confiance au terrain c'est valable pour les collectivités, les entreprises, les médecins, à mes yeux en tout cas", a expliqué le maire de Pau.


Il a ensuite plaidé pour que le vote, au second tour des élections municipales du 28 juin, puisse se faire par "voie électronique" dans les communes "volontaires". "On vote par internet pour les associations de pêcheurs à la ligne, pour les organisations syndicales, (...) rien n'est plus facile que de garantir la sincérité du scrutin puisque toutes les listes électorales sont numérisées", a souligné François Bayrou. Il suffit pour les citoyens, selon le centriste, de fournir une "photocopie de leur carte d'identité et de leur carte électorale, pour qu'on leur donne un code et qu'ils puissent voter". 

Pas envisagé, répond Christophe Castaner

"Si l'Etat ne veut pas le faire, qu'il accepte qu'un certain nombre de communes le fassent", "s'il y a des communes volontaires, qu'on puisse expérimenter le vote par correspondance, qu'on a utilisé en France pendant longtemps et qui est abandonné, et le vote numérique", a-t-il poursuivi, avant de proposer "que la ville de Pau soit une de ces villes".

"Pour éviter un nouveau fiasco qui entacherait la légitimité des maires et celle de l'Etat, nous appelons le gouvernement à prendre les mesures pour adapter notre vie démocratique au Covid-19", a déclaré pour sa part le maire de Nancy, et président du Mouvement Radical, Laurent Hénart. L'élu demande, lui, "la possibilité d'expérimenter le vote par correspondance dans les communes volontaires", dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche, citant en exemple l'"Allemagne, (où) cette possibilité est utilisée par plus de 25% des Allemands, voire 40% dans certaines circonscriptions!".

Sur le plan juridique, "il n'y a pas d'obstacle", assure Laurent Hénart, rappelant que "le dispositif existait dans notre code électoral jusqu'en 1975". "Un simple article de rétablissement suffirait pour mener des expérimentations le 28 juin." Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré que le recours aux procurations serait favorisé le 28 juin, une des pistes de travail étant "d'élargir le nombre de personnes habilitées à établir des procurations", dans un entretien publié dimanche par Le Parisien. Mais il a répété que le vote électronique et le vote par correspondance n'étaient pas envisagés.

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