Service minimum dans les transports ? "Irréaliste avant le 5 décembre", juge le gouvernement

Service minimum dans les transports ? "Irréaliste avant le 5 décembre", juge le gouvernement
La ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, le 13 novembre 2019 à l'Élysée.

, publié le lundi 25 novembre 2019 à 15h53

Alors que la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites s'annonce très suivie dans les transports en commun, le sénateur Les Républicains Bruno Retailleau veut déposer une proposition de loi pour renforcer le service minimum dans les transports. Une initiative qui risque de créer des "crispations", a estimé la ministre de la Transition écologique Elisabeth, tandis que le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a dénonce de "la communication politique".

"Nous ferons en sorte qu'il y ait des solutions de transports", a martelé lundi 25 novembre ur LCI le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, alors que la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites s'annonce très suivie dans les transports en commun. 




"Il y aura des solutions alternatives : des bus, du covoiturage, du télétravail", a-t-il tenu à rassurer.

"Nous ferons en sorte qu'il y ait des solutions de transports qui permettent d'emmener un nombre suffisant de Parisiens d'un bout à l'autre de Paris. Un plan de transport minimal a été demandé à la RATP", a-t-il ajouté. Selon lui, le gouvernement a déjà fait face à cette situation "à l'occasion des grèves de 2018".

Alors que le président du groupe Les Républicains au Sénat Bruno Retailleau a annoncé dimanche que son groupe allait déposer au Sénat une proposition de loi créant pour imposer "un service minimum garanti" dans les transports, d'ici au 5 décembre, Jean-Baptiste Djebbari a jugé que cette solution était "irréaliste, impossible à mettre en place d'ici le 5 décembre. Sa position est largement incantatoire, tout ça est de la communication politique".




"Ça ne paraît pas très sérieux d'annoncer à quinze jours du 5 décembre qu'on va se lancer dans des propositions de loi", a de son côté souligné la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne un peu plus tard dans la journée, ajoutant que cette initiative risquait de créer "des crispations". 

Dimanche, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait déjà souligné qu'on ne pouvait pas "inventer des règles pour le 5 décembre". La ministre du Travail avait par ailleurs appelé les employeurs à se montrer "compréhensifs" le 5 décembre, face aux salariés qui auraient des difficultés à se rendre sur leur lieu de travail à cause de la grève des transports.

Actuellement, contrairement au service minimum dans les hôpitaux, la loi "sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres" ne prévoit pas de réquisition de personnel, vécue par les syndicats comme une atteinte au droit de grève, d'où l'impossibilité de garantir un quelconque service minimum en cas de taux très élevé de grévistes. 

Mais depuis 2007, la loi oblige le personnel gréviste à informer sa direction 48 heures à l'avance. "Ce qui permettra de construire le plan de transports", a assuré Jean-Baptise Djebbari.
 

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