Séparatisme islamiste : "Ils ont construit leur projet sur nos lâchetés", estime Emmanuel Macron

Séparatisme islamiste : "Ils ont construit leur projet sur nos lâchetés", estime Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, le 2 octobre 2020, aux Mureaux

, publié le vendredi 02 octobre 2020 à 11h49

Le président de la République a jeté les bases d'un projet de loi visant à renforcer et protéger la laïcité face aux séparatismes, qui sera présenté le 9 décembre prochain. Parmi les grands axes figure la limitation de l'instruction scolaire à domicile ou encore l'extension des modalités de dissolution des associations.

Après des mois de discussions, Emmanuel Macron a tenu son "grand oral" de présentation sur la lutte contre les séparatismes, dont il a détaillé les grands axes dans un discours prononcé aux Mureaux (Yvelines), vendredi 2 octobre.

Le chef de l'Etat a fait part de son intention de "s'attaquer au séparatisme islamiste", qui est "le problème".


"Le problème, ce n'est pas la laïcité. Le problème c'est le séparatisme, l'islamisme radical. Un projet conscient, théorisé, politico-religieux qui se concrétise par la constitution d'une contre-société", a t-il estimé face à un parterre d'élus et de membres du gouvernement, ajoutant que ce projet se traduit par certains signes comme la "déscolarisation des enfants", le "développement de pratiques communautarisées, ou l'endoctrinement. La président de la République a mis en garde face à une "organisation méthodique" ayant pour but de "créer un ordre parallèle", bâti sur les faiblesses de l'Etat. 

Il a ainsi dénoncé la "ghettoïsation" des quartiers où, faute de mixité, "nous avons construit notre propre séparatisme". "Nous avons concentré des populations en fonction de leurs origines, nous n'avons pas suffisamment recréé de mixité, pas assez de mobilité économique et sociale" "Nous avons créé des quartiers où la promesse de la République n'a plus été tenue. Sur nos reculs, parfois nos lâchetés, ils ont construit leur projet", a t-il résumé avant d'égrainer les grands axes de son projet de loi.


Parmi les grandes mesures figure l'instruction obligatoire à l'école dès 3 ans (pour limiter l'instruction scolaire à domicile), ainsi que l'obligation de neutralité étendue aux agents publics ainsi qu'aux salariés. Il a par ailleurs indiqué que "toute association sollicitant une subvention auprès de l'État ou d'une collectivité territoriale" devrait signer un "contrat de respect des valeurs de la République" représentant une "charte de la laïcité".




 

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