Sentinelle : Macron tente d'éteindre l'incendie, l'opposition s'inquiète

Sentinelle : Macron tente d'éteindre l'incendie, l'opposition s'inquiète
Emmanuel Macron, le 22 mars 2019, à Bruxelles
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Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 22 mars 2019 à 17h40

Le chef de l'Etat estime que la polémique sur la mobilisation des militaires en marge de l'acte 19 des "Gilets jaunes" est un "faux débat". Pendant ce temps-là, des voix s'élèvent pour pointer les risques "d'escalade" potentiellement mortelle. 

"Il faut que tout le monde garde beaucoup de calme.

J'ai vu beaucoup de mauvaise foi, d'approximations et de faux débats". Emmanuel Macron a pris la parole vendredi 22 mars lors d'une conférence de presse, où il a expliqué la décision de l'exécutif de renforcer les moyens sécuritaires, notamment en ayant recours aux militaires de Sentinelle pour protéger les bâtiments officiels et permettre aux forces de l'ordre d'être concentrés sur les manifestations des "Gilets jaunes".



"Ce qui a été décidé, c'est exactement ce qui avait été décidé au mois de décembre et dans le passé", a t-il tempéré, indiquant qu'il s'agissait de "faire appel aux militaires de Sentinelle pour ce qui est leur mission : la lutte contre le terrorisme, et protéger les sites sensibles, pour pouvoir décharger les policiers et les gendarmes de ces missions". "En aucun cas l'armée dans notre pays est en charge du maintien de l'ordre public. C'est un faux débat absolu!", a t-il ajouté, égratignant l'opposition. "Ceux qui jouent à se faire peur ou à faire peur à certains ont tort", a t-il lâché.

Un haut-gradé sème le doute

Quelques minutes auparavant, Jean-Luc Mélenchon avait prononcé une allocution sur un ton solennel, où il a appelé les militaires à "ne pas tirer". Le chef de file de La France Insoumise a appelé "à la désescalade, au retour à une relation proportionnée".


La polémique avait enflé dans la matinée, quand le gouverneur militaire de Paris a déclaré sur Franceinfo que les militaires pourront "aller jusqu'à l'ouverture du feu [...] si leur vie est menacée ou celle des personnes qu'ils défendent". Le général Leray a précisé que les soldats sont tenus d'effectuer "des sommations". "C'est arrivé par le passé", a t-il rappelé, évoquant le cas des attaques au Carrousel du Louvre, en février 2017, où à Orly. « Ils sont parfaitement à même d'apprécier la nature de la menace et d'y répondre de manière proportionnée », a t-il assuré.

♦ "Leur intervention potentialise un risque de mort"


Sur le même thème, deux avocats ont interpellé le Défenseur des droits, Jacques Toubon, pour lui demander d'obtenir des "garanties" quant à la mobilisation des effectifs de Sentinelle. Estimant que cette situation est "facteur de risques supplémentaires", les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth demandent dans leur courrier de "tout mettre en oeuvre pour, si ce n'est essayer de faire changer la position du gouvernement, permettre d'obtenir des garanties extrêmement claires pour éviter tout risque".

Ils y dénoncent également le "choix de l'escalade" fait par les autorités. "Nous ne pouvons imaginer ce qu'il adviendrait si un bâtiment était effectivement sous la menace et si un militaire était requis d'intervenir", anticipent-ils. "De l'aveu même des militaires aujourd'hui, leur intervention potentialise un risque de mort", a réagi Me William Bourdon.

L'opération Sentinelle mobilise 7.000 soldats en France. Les soldats protègent des sites religieux (synagogues, mosquées...), des lieux particulièrement exposés au risque terroriste ou très fréquentés (lieux touristiques, gares...). Ils sont présents de manière quasi permanente à certains endroits, comme les aéroports ou les musées.
 

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