"Sécurité globale": Bardella (RN) salue le texte mais le juge "dérisoire"

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Le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella à Nanterre, le 28 juillet 2020
Le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella à Nanterre, le 28 juillet 2020
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© AFP, Christophe ARCHAMBAULT

, publié le lundi 16 novembre 2020 à 12h59

La proposition de loi controversée "Sécurité globale", qui prévoit en particulier d'encadrer la diffusion de l'image des policiers et gendarmes, est "une bonne mesure", mais elle est "dérisoire", a estimé lundi le numéro deux du Rassemblement national Jordan Bardella.

"C'est une bonne chose, une bonne mesure, mais c'est dérisoire" face au "sentiment d'impunité de tous ceux qui, au quotidien, s'en prennent aux forces de l'ordre", a affirmé le vice-président du RN sur LCI à la veille du début de l'examen du texte à l'Assemblée nationale.

"S'il n'y a pas derrière une politique pénale beaucoup plus ferme, beaucoup plus efficace, on ne s'en sortira pas", a jugé l'eurodéputé, en proposant notamment le doublement des peines pour les "attaques" et "outrages" aux forces de l'ordre, ou l'installation d'"un magistrat dans chaque hôtel de police" pour "exécuter les peines beaucoup plus rapidement".

La présidente du RN Marine Le Pen avait estimé dimanche sur BFMTV à propos de la même proposition de loi que "tout ce qui peut contribuer à protéger nos policiers est une bonne chose", en notant que l'interdiction de diffuser des images "ne porte que sur des images utilisées pour attenter à l'intégrité physique ou psychique".

Elle n'avait toutefois pas précisé si elle allait voter en faveur du texte, qui comprend des mesures qui vont "dans le bon sens" et d'autres qui vont "dans le mauvais sens". Elle avait épinglé la "philosophie d'En Marche" qui, "en toutes circonstances, considère que, pour pouvoir lutter contre un problème, il faut surveiller ou censurer l'intégralité du peuple français".

A droite, la présidente (Libres!) de la région Ile-de-France Valérie Pécresse s'est dite lundi "totalement favorable" au texte "parce qu'on doit protéger ceux qui nous protègent".

"Identifier les policiers et les jeter en pâture ça n'est pas bien. En revanche, si on a quelque chose à reprocher à un policier, on porte plainte", a-t-elle souligné sur BFMTV et RMC, en estimant que "les réseaux sociaux ne sont pas là pour régler tous les problèmes de la société et générer la haine".

Présenté par LREM et son allié Agir, le texte prévoit plusieurs mesures sécuritaires avec, dans son article 24, la pénalisation, par un an de prison et 45.000 euros d'amende, de la diffusion de "l'image du visage ou tout autre élément d'identification" d'un policier ou d'un gendarme en intervention lorsque celle-ci vise à porter "atteinte à son intégrité physique ou psychique".

Représentants des journalistes, défenseurs des libertés publiques et gauche sont vent debout contre cet article.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a plaidé ces derniers jours pour un durcissement du texte, en souhaitant que les visages des policiers et gendarmes soient "floutés" en cas de diffusion des images sur internet "de façon sauvage".

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