Sécurité : Eric Dupond-Moretti étrille Marine Le Pen et son "monde des Bisounours"

Sécurité : Eric Dupond-Moretti étrille Marine Le Pen et son "monde des Bisounours"
Eric Dupond-Moretti, à l'Assemblée nationale (illustration)
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, publié le mercredi 09 décembre 2020 à 20h30

Le garde des Sceaux a vivement critiqué les discours du Rassemblement national sur les questions de sécurité et de justice, à l'occasion d'un échange à l'Assemblée nationale.

"Du populisme à l'état pur". Eric Dupond-Moretti a fustigé les positions du Rassemblement national en matière de justice et de sécurité, à l'Assemblée nationale, mercredi 9 décembre.

Le ministre de la Justice s'exprimait sur un amendement déposé par la présidente du RN Marine Le Pen, réclamant que les peines de réclusion à perpétuité soient exécutées dans leur intégralité, sauf exception spéciale décidée par un tribunal.

Marine Le Pen n'étant pas présente, la députée RN Catherine Pujol a défendu cet amendement, soumis dans le cadre d'un projet de loi sur la création d'un parquet européen et d'autres dispositions judiciaires. "Nos compatriotes ne comprennent pas que la peine purgée soit largement inférieure à la peine prononcée", a déclaré la parlementaire, en souhaitant qu'elle soit, par défaut, "incompressible". "Cela ferait reculer le nombre de Français qui souhaitent un retour à la peine de mort", a-t-elle estimé.

"Toujours vos vieilles lunes", lui a répondu le ministre, raillant les projets sécuritaires du RN: "si vous venez au pouvoir, il n'y a plus une infraction demain, il n'y a plus rien, c'est l'amour, c'est le monde des Bisounours, tout le monde s'aime".

"Elle ne vient que cinq minutes par semaine à l'Assemblée nationale"

"Il faut arrêter avec ces vieux machins. C'est pathétique, c'est du populisme à l'état pur, c'est les bas instincts, a poursuivi M. Dupond-Moretti, accusant le RN d'être "dans la posture" et de faire son "beurre électoral".

Le ministre a ajouté "rêver de répondre à Mme Le Pen, mais elle ne vient que cinq minutes par semaine à l'Assemblée nationale". Son intervention a été saluée par des applaudissements nourris. Catherine Pujol a repris la parole pour dire qu'elle-même et son parti étaient hostiles à la peine de mort. "Quant à Mme Le Pen, si vous avez quelque chose à lui dire, allez le lui dire vous-même", a-t-elle conclu. L'amendement a finalement été rejeté.

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