Régionales: Clémentine Autain, une pasionaria féministe en politique

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Clémentine Autain (LFI), candidate aux régionales en Ile-de-France, avant un débat télévisé, le 14 juin 2021 à Paris
Clémentine Autain (LFI), candidate aux régionales en Ile-de-France, avant un débat télévisé, le 14 juin 2021 à Paris
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© AFP, Ludovic MARIN

publié le vendredi 18 juin 2021 à 11h36

Clémentine Autain, 48 ans, tête de liste LFI/PCF pour les régionales en Ile-de-France, est une pasionaria de la politique, féministe affirmée et figure de la gauche de la gauche, qui cache derrière un sourire chaleureux une solide détermination.

"Je me suis engagée de façon résolue et enthousiaste dans cette bataille francilienne", écrit Mme Autain dans son dernier livre, Pouvoir vivre en Ile-de-France (Le Seuil). "Ce qui m'a décidé, c'est d'abord le sentiment que mon parcours politique et mes engagements au sein de notre territoire, depuis plus de 20 ans, pouvaient constituer un atout pour ma famille politique et pour diriger la région".

Pas question pour cette "fille d'artistes", qui mena sa première bataille politique contre la guerre du Golfe (1991) et commença la politique en militant à l'Unef et à l'Union des étudiants communistes, de se laisser décourager par des sondages lui accordant 11% des voix, un petit point au-dessus de la barre fatidique des 10%, sous laquelle elle serait éliminée.

En lice avec deux autres listes de gauche, celles de Julien Bayou (EELV) et d'Audrey Pulvar (PS), Clémentine Autain affirme que la sienne est "la plus solide", communistes et Insoumis ayant "l'électorat le plus assuré de venir voter". "Le rassemblement se fera au second tour", derrière elle, espère-t-elle, un espoir que l'écologiste et la socialiste (environ 10% chacun selon les sondages) entretiennent pour eux-mêmes. 

Avec ses adversaires, cette mère de deux enfants au physique affable, cheveux courts et blonds, yeux bleus, use d'un vocabulaire tranchant.  

A ses yeux, Valérie Pécresse, la présidente sortante (Libres!) est "la Bardella des beaux quartiers", en référence à un autre adversaire, Jordan Bardella, tête de liste RN pour la région. "Mme Pécresse s'est lancée dans un concours Lépine des idées d'extrême droite", notamment sur la sécurité, affirme-t-elle. 

- "L'égalité entre les sexes" -

Fille du chanteur et sympathisant de l'extrême gauche Yvan Dautain et de la comédienne Dominique Laffin, morte à 33 ans, Clémentine Autain, qui, enfant, a tourné dans plusieurs films aux côtés de sa mère (notamment Les petits câlins, de Jean-Marie Poiré), a un long parcours politique derrière elle: avant de devenir députée en 2017 (de Seine-Saint-Denis), elle a été conseillère municipale à Sevran, conseillère régionale Front de Gauche d'Ile-de-France.

De 2001 à 2008, elle est adjointe au maire de Paris, chargée de la jeunesse. Bertrand Delanoë (PS) l'avait remarquée alors qu'elle s'efforçait de conquérir la mairie du XVIIe arrondissement, traitant son adversaire de droite Françoise de Panafieu de "grande bourge, d'un mépris de classe effroyable". 

Lors de la présidentielle de 2012, elle est porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. 

A 22 ans, Clémentine Autain a été victime d'un viol par un homme armé d'un couteau aux abords de l'université de Paris VIII, viol qu'elle dévoile en 2006, pendant la pré-campagne présidentielle, comme "une manière de porter la question des violences dans le débat" et de lutter contre le "tabou sur le viol".

"Ce traumatisme a bousculé ma vie personnelle et militante" et "je suis devenue en deux ans une active militante de l'émancipation des femmes", écrit-elle dans son dernier ouvrage. "Je n'étais plus seule mais inscrite dans une histoire collective, celle de l'oppression des femmes", ajoute cette titulaire d'un DEA d'histoire consacré au Mouvement de libération des femmes (MLF). 

Elle fonde plus tard l'association Mix-Cité, "un mouvement mixte pour l'égalité entre les sexes", puis, en 2012, organise le manifeste des 313 +Je déclare avoir été violée+, relayé par Le Nouvel Observateur. 

Après les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 à Cologne, par des migrants, Clémentine Autain crée la polémique avec un tweet où elle invite à ne pas amalgamer violence sexuelle de masse et islam. "Entre avril et septembre 1945, deux millions d'Allemandes violées par des soldats. La faute à l'islam ?", demande-t-elle. Ses opposants lui reprochent de ne pas avoir un mot de compassion pour les victimes.

Mme Autain est également porte-parole du mouvement Ensemble!, lié à LFI, et dirige une revue antilibérale, Regards. A l'Assemblée, elle est membre de la Commission des Affaires étrangères.

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