Le RN démarre en pole position le premier tour des régionales

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Thierry Mariani et Marine Le Pen tractent sur un marché à Six-Four-les-Plages, le 17 juin 2021
Thierry Mariani et Marine Le Pen tractent sur un marché à Six-Four-les-Plages, le 17 juin 2021
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© AFP, Christophe SIMON
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publié le vendredi 18 juin 2021 à 13h32

Le Rassemblement national aborde le premier tour des élections régionales dimanche en tête dans six régions métropolitaines sur 13, avec l'ambition de briser, moins d'un an avant la présidentielle, le front républicain qui lui avait barré la route en 2015.

Favorisé par un scrutin à la proportionnelle, le RN est donné en tête, dans les sondages, au premier tour en Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et en Bretagne. Il talonnerait les présidents sortants dans les Hauts-de-France, Grand Est et en Normandie.   

"Ce n'est pas tant la progression en voix qui semble frappante, mais bien l'augmentation des chances de victoire du RN" par rapport aux régionales de 2015, explique à l'AFP Bernard Sananès, président de l'institut Elabe.


Les sondages donnent la liste RN de Thierry Mariani vainqueur "dans tous les cas de figure" en Paca face au sortant LR Renaud Muselier, même en cas de retrait de la gauche au second tour. 

"Les chances de victoire sont plus importantes, car il y a une fragmentation de l'offre électorale qui est plus grande, avec l'irruption de LREM", le parti présidentiel qui n'était pas encore né en 2015, souligne M. Sananès. Et avec une abstention qui s'annonce historique (jusqu'à 64% selon Elabe), "l'électorat du RN semble très déterminé à aller voter", ajoute-t-il.

Dans ces conditions, dès que les premières estimations tomberont dimanche soir à 20H00, la question du "front républicain" se posera pour la gauche, la droite, mais aussi pour la majorité présidentielle. 

"Il y a cinq régions où va se poser pour la majorité la question de son maintien face à un RN qui peut l'emporter", souligne M. Sananès, en référence à la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est, les Hauts-de-France et dans une moindre mesure l'Occitanie et la Normandie. 


Pour passer au second tour, les candidats doivent recueillir au moins 10% des suffrages. Ils auront alors le choix de concourir seuls ou de fusionner avec d'autres listes, y compris celles éliminées, mais qui ont obtenu plus de 5% des voix. Sans oublier la possibilité d'un retrait pur et simple comme la gauche en 2015 en Paca et dans les Hauts-de-France pour faire barrage au RN. 

Autant dire que les discussions au sein des états-majors des partis seront très animées, d'autant que le front républicain s'effrite, comme l'atteste un sondage Ifop pour le Journal du dimanche publié jeudi: un Français sur deux (51%) y estime qu'une victoire du RN dans une ou plusieurs régions lors du scrutin du 20 et 27 juin ne représenterait pas un danger pour la démocratie.  

"Un front républicain des états-majors n'est pas forcément suivi dans les urnes", prévient M. Sananès. 

- Un tremplin pour l'Elysée ? - 

La tâche des partis sera d'autant plus compliquée que les électeurs n'apprécient pas forcément les alliances, comme l'illustre le bond de M. Mariani dans les sondages en Paca après l'annonce début mai par le Premier ministre Jean Castex d'un accord avec M. Muselier. 

Il y aussi le précédent des municipales l'an dernier où les alliances entre LR et LREM ont rarement porté leurs fruits, profitant aux écologistes notamment à Bordeaux, Lyon et Strasbourg.

Quelque 5.000 élus, militants et sympathisants LR ont d'ailleurs signé une lettre ouverte au président du parti Christian Jacob pour dénoncer les alliances "contre nature" avec LREM.

Bien que locales, ces élections ont une dimension nationale et devraient donner le coup d'envoi de la campagne pour 2022. 

A droite, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui se sont engagés à se retirer de la vie politique s'ils sont battus, ainsi que Laurent Wauquiez attendent du scrutin un tremplin pour se lancer potentiellement dans la course à l'Elysée. Des trois, le président des Hauts-de-France a déjà annoncé qu'il serait candidat en 2022, sauf défaite le 27 juin.

A gauche, les Verts comptent profiter de la dynamique qui les a portés à la tête de plusieurs grandes villes l'an dernier lors des municipales. Ils misent sur un succès en Pays de la Loire, où un sondage donne vainqueur au second tour l'écologiste Matthieu Orphelin face à la sortante LR Christelle Morançais.

Mais la gauche part divisée, à l'exception des Hauts-de-France où l'écologiste Karima Delli est parvenue à la rassembler autour de sa candidature.  

Pour les élections départementales, qui ont lieu simultanément, le scénario est identique: les sortants devront faire face à la poussée du Rassemblement national, qui là non plus ne détient aucun d'entre eux.

Cinq collectivités d'outre-mer - Mayotte, la Réunion, la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique - sont également appelées aux urnes pour renouveler les élus de leur département, régions ou collectivité territoriale. 

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