Le manque d'ancrage local, talon d'achille du RN, selon une étude

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Marine Le Pen s'exprime au siège du RN à Nanterre le 27 juin 2021 après les résultats du second tour des élections régionales et départementales
Marine Le Pen s'exprime au siège du RN à Nanterre le 27 juin 2021 après les résultats du second tour des élections régionales et départementales
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© AFP, GEOFFROY VAN DER HASSELT

publié le vendredi 23 juillet 2021 à 08h46

Le Rassemblement national n'a pas misé sur son ancrage local et l'a payé notamment aux élections départementales de juin où il a perdu plus de la moitié de ses cantons, selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès parue vendredi.

"Le RN ne semble pas disposé à miser sur son ancrage territorial qui conditionne (la) fidélité" de ses électeurs, affirme son auteur Paul Cébille, membre de l'Observatoire de l'opinion et chargé d'études à l'Ifop.

Il y voit un "paradoxe" pour le parti d'extrême droite qui était particulièrement en croissance entre 2012 et 2017 et "qui désormais stagne, voire régresse", à quelques mois de l'élection présidentielle.

Cette étude évalue les effets des victoires du RN aux départementales de 2015 (31 cantons) sur les municipales de 2020 puis les départementales de 2021.

Le parti de Marine Le Pen profite moins en 2015 de son implantation que d'une dynamique présente depuis 2012 qui se poursuit aux régionales et jusqu'à la présidentielle, avec un record de voix au second tour.

Pourtant, aux municipales de 2020, le parti ne semble pas miser sur l'implantation locale. Dans sept des 31 cantons remportés en 2015, le RN ne présente pas de candidat, "ce qui représente une opportunité manquée" dans plus d'une vingtaine de communes de plus de 1.000 habitants, relève l'étude.

Mais l'auteur de l'étude relève que si les maires et les candidats RN qui se représentent en 2020 ont vu en moyenne leur score progresser de 13,2 points, le résultat des candidats qui ont changé entre 2014 et 2020 baisse lui de 5,2 points.

"Signe que si l'ancrage du RN fonctionne, cela peut prendre du temps avant que la sauce ne prenne", note M. Cébille.

L'ancrage s'avère là aussi "défaillant", alors que les électeurs RN, moins diplômés et plus défiants à l'égard de la politique, se rattachent à des figures connues, y compris les maires.

A peine 5% des candidats du parti en 2021 l'étaient dans le même canton en 2015. 

Conséquence électorale, le RN a perdu plus de la moitié de ses cantons (17) et n'en a gagné que trois, avec des scores en progression dans les cantons où il dispose d'une mairie, et en baisse là où il n'en a pas.

Dans un contexte de forte abstention, l'ancrage local, qui n'était pas une condition de victoire en 2015, "l'est devenu subitement" en 2021.

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