À Bruxelles, Le Pen loue le "bienfaisant courage" de la Pologne face à l'UE

À Bruxelles, Le Pen loue le "bienfaisant courage" de la Pologne face à l'UE
Marine Le Pen à Paris le 20 octobre 2021

publié le vendredi 22 octobre 2021 à 19h27

Marine Le Pen a loué "le bienfaisant courage" de la Pologne dans son bras de fer avec l'Union européenne, "un empire qui se construit par la soumission des nations", vendredi à Bruxelles après une rencontre avec le chef du gouvernement polonais Mateusz Morawiecki.

La candidate du Rassemblement national à la présidentielle française en avril 2022, a dénoncé, lors d'une conférence de presse, une "tentative de chantage à la subvention pour le moins mesquine" de la part de l'UE ainsi que "l'orchestration de campagnes de diffamation publiques à l'égard des pays comme la Hongrie ou la Pologne".

Après avoir rencontré Mateusz Morawiecki dans la matinée, ainsi que le Premier ministre slovène Janez Janša, la dirigeante d'extrême droite doit se rendre en début de semaine prochaine à Budapest où elle rencontrera mardi le Premier ministre ultraconservateur Viktor Orban. Ils y tiendront une conférence de presse commune à 15h.

Louant la décision du Tribunal constitutionnel polonais qui a décrété certains articles des traités européens incompatibles avec la Constitution nationale, Mme Le Pen a exprimé son "soutien" et sa "reconnaissance" à la Pologne qui a eu "le bienfaisant courage de rappeler la supériorité des principes constitutionnels polonais".

"Cette primauté de la Constitution nationale se situe au coeur du projet de loi que je soumettrai par référendum en France si je suis élue président de la République en avril prochain", a rappelé celle qui ne veut plus sortir de l'UE mais faire évaluer profondément les relations avec le bloc des 27.

L'Europe, a-t-elle dit, est "un continent constitué de nation millénaires" où "les tentatives impériales ont toujours fini par se briser devant l'aspiration des peuples à être eux-mêmes, à être libres, à vivre conformément à leur âme".

La décision de la Pologne avait été dénoncée par Bruxelles comme une attaque sans précédent contre la primauté du droit européen et la compétence de la Cour de justice de l'UE, mais aussi comme l'illustration ultime du manque d'indépendance de la justice polonaise à l'égard du gouvernement.

Avant l'ouverture du sommet des Vingt-Sept à Bruxelles, le chef du gouvernement polonais s'était dit "prêt au dialogue" tout en dénonçant "la pression du chantage".

Les dirigeants européens ont, eux, joué la carte de l'apaisement, tout en se réservant la possibilité de sévir ultérieurement.

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