A Bourges, Pécresse veut parler aux territoires

A Bourges, Pécresse veut parler aux territoires
La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse à Paris le 21 octobre 2021

publié le lundi 25 octobre 2021 à 21h41

"J'ai pas mal d'idées sur les territoires": à Bourges lundi, Valérie Pécresse a voulu pourfendre son image parisienne pour convaincre les militants LR qu'elle saura le mieux défendre la droite à la présidentielle de 2022.

Dans le palais des congrès de la capitale berrichonne, où 150 personnes environ se sont déplacées, la présidente de l'Ile-de-France l'assure: "je suis aussi la patronne d'une grande région rurale" comptant "2 millions de ruraux", et "quand on dit Ile-de-France on pense Paris mais Paris, c'est Anne Hidalgo".

"L'urbaine que vous voyez à la télévision a aussi été une réductrice d'inégalités" et "ce que j'ai fait dans ma région, je veux le faire pour la France", assure-t-elle avant de développer son projet pour les territoires: "campus connectés" au lycée pour faire le début du cursus universitaire, fonds d'investissement de proximité, suppression du numérus clausus pour faire revenir les médecins... 

Quant aux agriculteurs, "vous prêchez une archi-convaincue" car "c'est pas possible de leur en mettre toujours une louche de plus, et de ne pas jouer local", lance-t-elle, critiquant Emmanuel Macron qui "n'a pas défendu les intérêts de la France sur la PAC ou sur l'industrie".

A six semaines du congrès du 4 décembre où les militants LR désigneront leur candidat, Valérie Pécresse l'affirme: "pas question de faire cette campagne sans venir dans la France des terroirs". 

"Le plus facile serait de faire les grandes fédé, les plus rentables. Ce n'est pas mon objectif", ajoute-t-elle dans cette petite fédération (environ 400 adhérents), alors que Xavier Bertrand était lundi à Chateaurenard (près d'Avignon), et Michel Barnier à Meaux.

- "Fidélité" -

Pour se distinguer, la candidate, donnée à 10% environ dans les sondages au premier tour, soit moins que Xavier Bertrand, mise sur le projet. "Mon surnom dans ma région, c'est la dame de faire", assure-t-elle en promettant "une belle loi" sur la justice et en défendant son projet de réforme des retraites et sa "loi constitutionnelle" sur l'immigration. 

Son discours ferme porte-t-il? "On est un peu dégoutés, il faut de l'ordre, rien qu'à Bourges on a eu deux voitures qui ont brûlé l'autre jour!" lance Lilianne, 80 ans, qui assiste à son premier meeting politique. "Je n'ai jamais eu de carte dans un parti, mais là pourquoi pas?"

Valérie Pécresse est toutefois plus applaudie sur l'éducation et la famille que sur l'immigration. Défendant un discours de "droite sociale", elle étrille Emmanuel Macron qui "fait croire qu'il est de droite" mais qui "crame la caisse" et "n'a pas réformé".

Dans la salle, Florent, 41 ans, avoue se situer plus sur l'aile droite de la macronie -- typique de cet électorat de la droite et du centre que Valérie Pécresse veut regagner. "Je pourrais voter à droite pour elle" qui est "capable de rassembler", dit-il.

"Cette élection on va la gagner" mais "pour voter il faut être à jour de cotisation donc il faut adhérer ou réadhérer", lance en fin de discours Valérie Pécresse, qui a elle-même quitté LR en 2019 (elle a annoncé il y a deux semaines qu'elle allait reprendre sa carte).

Ce que beaucoup gardent en mémoire: "la fidélité, ah oui ça compte", lance Josyane, la soixantaine, qui ne cache pas sa préférence pour Michel Barnier.

Francis, adhérent de 60 ans, "n'apprécie pas beaucoup" non plus de voir revenir les ex en quête de soutien. Mais il votera pour le candidat choisi le 4 décembre par les militants: car en 2022 "ça va être compliqué, on part de loin. C'est bien beau de parler mais pendant ce temps les autres avancent".

Des sondages récents donnent Marine Le Pen et Eric Zemmour au coude à coude dans les intentions de vote, derrière Macron, mais devant les candidats à la primaire LR.     

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