Sarkozy-Kadhafi : une accusation qui s'effondre ?

Sarkozy-Kadhafi : une accusation qui s'effondre ?©Panoramic

, publié le dimanche 28 juillet 2019 à 10h25

Le JDD rapporte ce dimanche 28 juillet qu'une déposition de l'ancien Premier ministre libyen, Baghdadi-al-Mahmoudi, discréditerait l'accusation du prétendu financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi. Il n'aurait pas été témoin direct des faits.
 
Serait-ce une autre pièce maîtresse de l'accusation de financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy qui s'effondre ? Un élément dévoilé par le JDD ce dimanche 28 juillet pourrait changer la donne.

Selon l'hebdomadaire, l'ancien Premier ministre Baghdadi-al-Mahmoudi aurait été entendu le 9 février dernier dans le cadre de ce dossier. Il serait alors revenu sur ses propos. "Je n'ai pas de relation directe avec les faits, on me les a juste rapportés", a-t-il déclaré, remettant en cause une partie de l'accusation. Une volte-face alors que lors de son procès en 2014, l'ex-Premier ministre avait accusé Nicolas Sarkozy. En 2016, il avait également évoqué "d'importantes contributions à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007", rappelle le JDD. À l'époque il avait directement mis en cause les directeurs de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bechir Saleh, et de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant.
 
Dans le compte rendu de l'audition versée il y a seulement quelques semaines au dossier d'instruction, Baghdadi-al-Mahmoudi botte en touche lorsqu'il s'agit d'évoquer les sommes évoquées à l'origine : "J'avais dit tout ce que je sais et tout ce qu'on m'avait rapporté", se retranchant à plusieurs reprises derrière ses déclarations passées. "J'avais déjà tout dit dans mon témoignage", complète-t-il lorsqu'on lui demande si des fonds "sont parvenus à Nicolas Sarkozy".
 
Des phrases qui disparaissent
 
Dans sa ligne de défense, Mahmoudi se dédouane de toute responsabilité, chose qu'il a toujours fait, semble-t-il dire, et accuse certains collaborateurs français sans citer leurs noms. "Les personnes ayant traité avec Sarkozy se trouvent chez vous", dit-il aux enquêteurs français. "Je n'ai donc pas traité avec lui directement et je ne lui ai pas donné d'argent", poursuit-il. Le JDD précise par ailleurs que l'ex-Premier ministre avait qualifié de "faux", et ce dès 2012, le document produit par Mediapart. Sauf que le compte rendu de cette déclaration a également disparu.

Autre élément troublant sur lequel est revenu Baghdadi-al-Mahmoudi : une somme versée par le régime libyen au titre de "soutien politique". Dans ses déclarations de 2016, il avait indiqué que ces sommes étaient "prélevées sur un poste politique" dans le budget des Affaires étrangères. Or, lors de son audition du 9 février, il confirme des "sommes allouées au soutien des campagnes électorales d'États amis" mais nie le "caractère officiel".
 
Enfin, dans une phrase de sa première audition, Mahmoudi aurait concédé qu'il ne pouvait "y avoir d'origine de financement autre que de ce compte-là". Or, après une demande de la part des juges français d'une deuxième traduction de son interrogatoire, la phrase n'était plus mentionnée. De quoi mener l'enquête dans une impasse ?

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