Sarkozy : "J'ai eu trop de pouvoir trop jeune"

Sarkozy : "J'ai eu trop de pouvoir trop jeune"
L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, le 8 mai 2017 sur les Champs-Élysées.

publié le lundi 28 août 2017 à 16h42

Dans un entretien exclusif accordé au magazine de Sciences-Po, Émile, Nicolas Sarkozy livre quelques conseils à Emmanuel Macron. L'ancien président revient également sur son parcours et explique avoir "sans doute" eu "trop de pouvoir trop jeune".

"J'ai été ministre très jeune (38 ans, ndlr).

J'ai eu sans doute trop de pouvoir trop jeune. Je pense qu'il faut en effet de l'expérience", déclare-t-il dans le trimestriel publié par l'association des anciens élèves de Science Po, nommé Émile en référence à Émile Boutmy, fondateur de l'École libre des sciences politiques, ancêtre des instituts de Sciences politiques, mort le 25 janvier 1906. Voit-il des similitudes entre lui et l'actuel chef de l'État ? "Sans transgression, sans rupture des habitudes, sans pensées libres, il n'y a pas de progrès (...) Macron y est arrivé, c'est vrai, et ce n'est pas si facile", répond-il dans cette interview réalisée le 17 juillet, soit deux mois après la victoire d'Emmanuel Macron.

"IL N'Y A PAS DE NOBLESSE SI ON NE SAIT PAS PERDRE"

Quel bilan fait-il de sa carrière politique, de ses succès et de ses échecs ? "J'ai toujours su que ce serait difficile, qu'il faudrait que je me batte plus que les autres, parce que je n'avais pas la carte. J'en ai fait une force", explique-t-il. "Quand vous montez à l'arbre le plus haut de la forêt, il n'y a pas autant d'ombre qu'en bas et le vent souffle plus fort ! L'échec n'est jamais décevant, le succès l'est souvent, ne serait-ce parce qu'il passe très vite". Et d'ajouter : "En plus, les gens ne vous regardent pas, ils regardent le soleil, la lumière. Dans l'échec, c'est vous qu'ils regardent. Je ne garde aucun souvenir de mes succès, je garde un souvenir très précis de mes échecs. Il n'y a pas de noblesse si on ne sait pas perdre".



Pour l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Emmanuel Macron doit "être un grand Européen". "Il faut proposer un nouveau traité à l'Union européenne. C'est vraiment très important", estime Nicolas Sarkozy. "Ensuite, le calendrier du président de la République est simple : c'est tout de suite ! Tout ce que vous ne faites pas en juillet, vous ne le ferez pas en septembre, et tout ce que vous ne faites pas en septembre, vous ne le ferez pas en décembre. Voilà pourquoi le calendrier n'attend pas. C'est notamment vrai pour la baisse des impôts", poursuit l'ancien président.

"Troisièmement, la question de la réforme de la justice. La justice est un pouvoir indépendant". "Enfin, les destins de l'Europe et de l'Afrique sont liés. L'Afrique va passer d'un milliard d'habitants à 2,3 milliards d'habitants d'ici à 30 ans. Comment maîtrise-t-on les flux migratoires ? C'est aussi une question importante pour l'avenir", développe-t-il.

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