Sarkozy, Fillon, Cahuzac, Balkany... Les politiques condamnés

Sarkozy, Fillon, Cahuzac, Balkany... Les politiques condamnés
Nicolas Sarkozy sur le plateau du "20 Heures" de TF1, mercredi 3 mars.

, publié le dimanche 07 mars 2021 à 07h00

REPERES. Nicolas Sarkozy est devenu cette semaine le premier ancien président de la Ve République condamné à de la prison ferme, à un an pour corruption et trafic d'influence, dans l'affaire dite des "écoutes".

Une décision dont il va faire appel. Avant lui, seul Jacques Chirac avait été sanctionné par la justice, condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis dans le dossier des emplois fictifs de la ville de Paris. 




1. Les politiques condamnés à de la prison ferme 

- Les anciens ministres 

Georges Tron 

Le 18 février, l'ex-secrétaire d'État et maire LR de Draveil (Essonne) a été condamné en appel, par la cour d'assises de Paris, à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour viol et agressions sexuelles en réunion sur une collaboratrice de sa mairie. Il a été placé en détention à l'issue du procès. 




Cette décision a sonné comme un coup de théâtre dans ce feuilleton long de dix ans, marqué par la démission de Georges Tron du gouvernement Fillon en 2011, une ordonnance de non-lieu infirmée et l'acquittement des deux accusés en première instance en 2018.

François Fillon 

L'ancien Premier ministre François Fillon est condamné en juin 2020 à cinq ans de prison, dont deux ferme, pour des emplois fictifs concernant notamment sa femme Penelope. Reconnu coupable de détournement de fonds publics et complicité et recel d'abus de biens sociaux, il écope aussi de 375.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité. Le couple a fait appel.

Jérôme Cahuzac

Ex-ministre du Budget sous François Hollande, Jérôme Cahuzac est condamné pour fraude fiscale en 2018 à quatre ans de prison, dont deux avec sursis. Il bénéficie d'un aménagement de sa peine sous forme de bracelet électronique.

Léon Bertrand

Ancien secrétaire d'État et ministre délégué au Tourisme sous Jacques Chirac, Léon Bertrand est condamné en 2017 par la cour d'appel de Basse-Terre (Guadeloupe) à trois ans de prison ferme pour "complicité d'abus de biens sociaux". Incarcéré en septembre 2018, il bénéficie d'une libération sous surveillance électronique en avril 2019.

Claude Guéant

L'ex-ministre de l'Intérieur Claude Guéant est condamné en 2017 en appel à deux ans d'emprisonnement, dont un avec sursis et mise à l'épreuve pour complicité de détournement de fonds publics et de recel lié à ce délit. Son pourvoi en cassation est rejeté en 2019.

Alain Carignon

Ministre délégué chargé de l'Environnement du gouvernement Chirac, puis ministre de la Communication du gouvernement Balladur, l'ex-maire de Grenoble (Isère) Alain Carignon est condamné en 1996 à cinq ans de prison, dont quatre ferme et cinq ans d'inéligibilité, pour "corruption" dans l'affaire Dauphiné News. Il a purgé 29 mois de prison jusqu'à sa libération anticipée en 1998.

Bernard Tapie 

Ministre de la Ville sous François Mitterrand, Bernard Tapie est condamné en 1995 pour "complicité de corruption et subornation de témoins" à deux ans d'emprisonnement, dont huit mois ferme, et trois ans d'inéligibilité dans l'affaire du match de football truqué OM-Valenciennes. Après 165 jours de prison, l'ancien président du club marseillais obtient en 1997 une libération conditionnelle. 

Il est condamné en appel la même année à 18 mois d'emprisonnement, dont 12 avec sursis, pour fraude fiscale dans l'utilisation du yacht Le Phocéa, mais obtient une confusion de ses peines fermes. En 2005, il est condamné à une troisième peine de prison ferme pour "fraude fiscale" sur une autre période.

- Les ex-maires 

Les époux Balkany

Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), et son épouse Isabelle, première adjointe de la ville, sont définitivement condamnés en mars 2020 à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale. Ils quittent leurs fonctions à la mairie. Incarcéré à l'issue du procès en première instance en septembre 2019, Patrick Balkany est libéré au bout de cinq mois de prison pour raisons de santé.

Le 27 mai 2020, il est condamné en appel à cinq ans de prison pour blanchiment de fraude fiscale et prise illégale d'intérêts et sa femme Isabelle à quatre ans. Le couple s'est pourvu en cassation.

Michel Mouillot 

Maire UDF de Cannes (1989-1997), Michel Mouillot est condamné en 2005 à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nice dans une affaire de pots-de-vin réclamés à des casinos. Le tribunal a ordonné la confusion de cette peine avec une précédente condamnation à quatre ans ferme, pour avoir perçu des "enveloppes" dans le cadre d'une opération immobilière. En 2007, l'ex-élu obtient un régime de semi-liberté après trois années de détention.

Jacques Médecin 

Jacques Médecin, maire de Nice de 1966 à 1990, est condamné dans le cadre de plusieurs affaires alors qu'il est en fuite en Uruguay. Extradé en France en 1994, il passe 672 jours en prison pour des condamnations pour "abus de bien sociaux" et "détournements de fonds", avant de retourner en Uruguay où il meurt en 1998. 

2. Jacques Chirac, premier président condamné 

Président de la République de 1995 à 2007, Jacques Chirac est condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis pour "détournements de fonds publics", "abus de confiance" et "prise illégale d'intérêt" dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, remontant au début des années 90 quand il était maire de la capitale et président du RPR. Affaibli par la maladie, il n'assiste pas au procès et ne fait pas appel.

3. Les anciens ministres condamnés 

François Léotard 

Cette semaine, l'ex-ministre de la Défense d'Edouard Balladur a été condamné par la Cour de justice de la République à deux ans d'emprisonnement avec sursis et 100.000 euros d'amende pour "complicité" d'abus de biens sociaux dans l'affaire Karachi. L'ancien Premier ministre a lui été relaxé. Il était soupçonné de financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995. 

Alain Juppé

Premier ministre de Jacques Chirac de 1995 à 1997, Alain Juppé est condamné en 2004 en appel à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour "prise illégale d'intérêt" dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Des permanents du RPR, dont Alain Juppé était secrétaire général de 1988 à 1995, étaient rémunérés.

Edith Cresson 

Première ministre de 1991 à 1992, Edith Cresson est déclarée coupable de favoritisme en 2006 par la Cour de justice européenne, pour avoir engagé un proche comme membre de son cabinet alors qu'elle était commissaire européenne, après son passage à Matignon. Elle est dispensée de sanction financière. 
 

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