Sarkozy défend les avocats et s'en prend au "pouvoir médiatique"

Sarkozy défend les avocats et s'en prend au "pouvoir médiatique"
Nicolas Sarkozy à Nîmes le 18 novembre 2016.

Orange avec AFP, publié le lundi 27 mars 2017 à 20h00

Ce n'est pas la charge d'un ancien président de la République, mais celle d'un "simple avocat". Selon des informations avancées par le magazine Valeurs Actuelles, Nicolas Sarkozy a pris la parole devant un parterre de 300 personnes du Barreau de Paris, lundi 20 mars, à l'occasion de la cérémonie de remise de la médaille de l'Ordre national de la Légion d'honneur à l'avocat Jean-Yves Le Borgne.

En pleine "affaire Fillon", l'ex-chef de l'État s'est livré à une critique virulente du "pouvoir médiatique", coupable selon lui d'influencer la justice.


Honoré le 20 mars, Jean-Yves Le Borgne était l'avocat d'Éric Woerth lors de l'affaire Bettencourt, alors que ce dernier était ministre de François Fillon. "La chose était entendue. Elle avait été tranchée par certains observateurs. Éric Woerth était coupable. La chose était jugée avant même d'être instruite. Il était mon ministre. Il était mon ami. C'était là certainement des circonstances aggravantes. Éric Woerth avait été condamné par le tribunal médiatique et vous, cher Jean-Yves, vous l'avez fait relaxer par un tribunal judiciaire", a lancé Nicolas Sarkozy, avant de s'interroger sur le fonctionnement de la justice.

ROBE NOIRE CONTRE ROBE ROUGE

"Qui arrêtera l'ingérence du pouvoir médiatique dans le fonctionnement de l'autorité judiciaire ? Qui arrêtera l'instrumentalisation des procédures par le pouvoir médiatique ? Qui aura suffisamment de courage pour écrire le 'J'accuse' qui manque à notre siècle ?", aurait ainsi déclaré Nicolas Sarkozy, selon Valeurs Actuelles, qui retranscrit lundi 27 mars le discours prononcé à huis-clos par l'ancien président de la République. Selon le magazine de droite, Nicolas Sarkozy réclame des droits de la défense "à la hauteur" de ceux de l'accusation, expliquant qu'"aucune démocratie ne peut tolérer qu'un pouvoir n'ait pas d'autres mesures de contrôle que lui-même". "Ce n'est pas parce que la robe de l'avocat est noire quand celle du magistrat se teinte de rouge que ces deux robes n'ont pas droit au même respect", aurait-il ajouté.

Du côté de la campagne pour la présidentielle, la contre-offensive de François Fillon a pris un tour judiciaire avec la saisine, lundi 27 mars, du parquet par six responsables Les Républicains (LR) pour des "infractions" commises, selon eux, par l'exécutif et relevées par le livre "Bienvenue Place Beauvau". Le candidat de la droite est toujours distancé par Emmanuel Macron et Marine Le Pen dans les sondages.


En attendant, "Bienvenue Place Beauvau", écrit par trois journalistes, dont deux du Canard Enchaîné, alimente sa thèse d'un "complot". François Fillon avait ainsi dénoncé la semaine dernière l'organisation par François Hollande, à la tête d'un "cabinet noir", de fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires, le chef de l'État dénonçant en retour des "allégations mensongères".

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