Saône-et-Loire : bras de fer entre l'Etat et le maire de Chalon-sur-Saône pour l'organisation de la traditionnelle fête foraine

Saône-et-Loire : bras de fer entre l'Etat et le maire de Chalon-sur-Saône pour l'organisation de la traditionnelle fête foraine
L'Hôtel de ville de Chalon-sur-Saône.
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, publié le lundi 01 mars 2021 à 16h50

Le maire Gilles Platret a pris un arrêté autorisant la fête alors que la préfecture l'avait interdite. Il estime que "les conditions sanitaires sont réunies".  

Qui aura le dernier mot ? Lundi 1er mars, Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et chef de file LR aux régionales en Bourgogne-Franche-Comté, a autorisé la tenue de la traditionnelle fête foraine dans sa ville, malgré l'interdiction préfectorale.

Début février, l'élu avait déjà annoncé qu'il n'allait "pas en rester là" quand la préfecture de département avait signifié, "sans aucune concertation", l'interdiction de la fête. "Je ne sais pas quand ce naufrage de l'Etat va prendre fin. Mais c'est une situation intolérable", avait-il réagi, assurant que, pour lui, la fête foraine n'était "pas annulée"



L'arrêté signé lundi entérine cette position. "La Ville de Chalon a estimé que les conditions sanitaires sont désormais réunies et c'est pourquoi, ce lundi matin, Gilles Platret a signé un arrêté autorisant la fête foraine du 5 au 14 mars", a indiqué la mairie dans un communiqué.

Selon le maire, l'arrêté est fondé "sur deux nécessités complémentaires : celle de lutter contre la crise épidémique par des mesures appropriées que les forains sont tout à fait disposés à prendre, mais aussi la nécessité de lutter contre la crise psychologique lourde qui est la conséquence tout à la fois de la crise épidémique et des mesures de restriction des libertés qui l'ont accompagnée".

Gilles Platret estime en outre que "l'état du droit et de la jurisprudence, avec la volonté gouvernementale de territorialiser les mesures en vigueur, ouvre à nos yeux la possibilité de permettre cette fête foraine". "L'Etat prendra ses responsabilités", conclut le maire, reconnaissant que l'arrêté peut faire l'objet d'un recours devant la justice. Interrogée, la préfecture de Saône-et-Loire n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.

Connu pour son franc-parler et sa défiance envers l'actuel gouvernement, Gilles Platret avait déjà autorisé, fin octobre, l'ouverture des commerces non-alimentaires dans sa ville, bravant ainsi leur fermeture décrétée au niveau national. L'arrêté municipal avait été retoqué par la justice.
 

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