Sandrine Rousseau : Gérald Darmanin "m'intimide en bafouant la loi"

Sandrine Rousseau : Gérald Darmanin "m'intimide en bafouant la loi"
La candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau.

publié le jeudi 09 septembre 2021 à 10h09

Invitée de Franceinfo, Sandrine Rousseau répond à Gérald Darmanin après qu'il a menacé de rendre public des échanges par SMS.

C'est un règlement de compte en trois actes qui oppose la candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Lors du premier débat des Verts dimanche pour la primaire écolo, Sandrine Rousseau a évoqué le cas de Gérald Darmanin, accusé par une femme de viol.

"Mon humiliation a des limites : cette humiliation, ça a été quand Emmanuel Macron a balayé d'un revers de main le mouvement de milliers de femmes contre les violences sexistes en nommant à la tête de la police (juillet 2020, ndlr) un ministre accusé de viol", a-t-elle ainsi déclaré. Dans cette affaire, une enquête est en cours. Gérald Darmanin y a le statut de témoin assisté. 


"Elle était vexée que je ne la choisisse pas"

Invité de France Inter mercredi 8 septembre, Gérald Darmanin a répliqué : "Mme Rousseau n'avait pas la même vision de ma personne lorsqu'elle est venue me demander d'être directrice de l'Ira (Institut régional d'administration) de Lille lorsque j'étais ministre de la Fonction publique (2017 - juillet 2020, ndlr). Si elle le souhaite, on peut publier les demandes de rendez-vous et les demandes de nomination. Elle était vexée que je ne la choisisse pas", a-t-il déclaré. "Vous menacez de publier les textos qu'elle vous a envoyés ?", a interrogé Léa Salamé, journaliste de France Inter. Une question restée en suspend. 



Sur Franceinfo jeudi 9 septembre, la candidate à la primaire des Verts reconnaît lui avoir demandé un rendez-vous par SMS. "J'avais été sélectionnée à l'issue des trois entretiens préalables à l'embauche, c'est Gérald Darmanin qui bloquait ma nomination, donc oui, je lui ai demandé un rendez-vous par SMS", a-t-elle expliqué.

"Il enfreint la loi sur un plateau"

Pour elle, le ministre ne respecte pas le droit en menaçant de publier ses messages qu'elle juge privés. "En tant que premier flic de France, il enfreint la loi sur un plateau puisque la menace de diffuser publiquement des conversations privées est punie par la loi. (...) C'est une personne qui est capable de mettre l'intimidation au-dessus des lois parce que là, ce qu'il fait, c'est m'intimider en bafouant la loi. Et c'est très grave de le faire face à une candidate à la présidentielle, et c'est très grave en démocratie", a déclaré Sandrine Rousseau.

"Je me réserve évidemment la possibilité éventuellement de donner des suites judiciaires à ça", a ajouté la vice-présidente de l'université de Lille. Elle conclut : "Qu'il les sorte les SMS, il y a aucun problème"

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