Sanctionner les pays anti-migrants : la proposition de Macron

Sanctionner les pays anti-migrants : la proposition de Macron
Emmanuel Macron recevait le premier ministre Pedro Sanchez ce samedi à l'Elysée. L'occasion de formuler des propositions sur les questions migratoires.

leparisien.fr, publié le samedi 23 juin 2018 à 19h37

Le président français participe dimanche à un mini-sommet à Bruxelles avec d'autres pays européens.

Le mini-sommet qui va se tenir à Bruxelles, ce dimanche, s'annonce hautement épineux. Simple « point d'étape » avant le Conseil européen de la semaine prochaine, il est toutefois nécessaire tant les divergences sont grandes entre Etats-membres sur la très clivante question migratoire.

Soucieux de ne pas laisser la main aux nationalistes, le camp européen a eu à cœur d'accorder ses violons à la veille de ces échéances européennes capitales. C'est l'une des raisons qui a conduit Pedro Sanchez, le nouveau chef du gouvernement espagnol à réserver à la France son tout premier déplacement à l'étranger. A l'Elysée, autour d'un déjeuner, le Français et l'Ibère ont eu l'occasion ce samedi de mieux faire connaissance - en anglais - et préparé la partition qu'ils entonneront ensemble à Bruxelles.

«Centres fermés » et sanctions financières

Parlant d'une même voix, ils ont plaidé pour la mise en place de « centres fermés » sur les côtes européennes pour gérer les migrants qui débarquent de Méditerranée. Une proposition également appuyée par Berlin. Dans ces plateformes, les migrants attendraient l'examen de leur cas, essentiellement en Italie, pays principal d'arrivée actuellement, mais aussi en Espagne. Pour appliquer cette proposition, il faudrait que tous les pays européens acceptent d'accueillir les réfugiés qui obtiendraient le droit d'asile, quitte à les y contraindre.

Emmanuel Macron a ainsi brandi la menace de sanctions (financières ou institutionnelles) envers ceux qui refuseraient de le faire, comme l'ont d'ores et déjà annoncé les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), très hostiles aux migrants. « On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l'UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s'agit de sujets migratoires », a-t-il lancé.

A ce stade, difficile d'imaginer que l'Italie infléchisse sa position. A l'heure qu'il est, le « Lifeline », un navire ayant récupéré des naufragés en perdition (environ 230 personnes) au large des côtes libyennes voguait sans perspective immédiate de débarquement. Rome a, en effet, exclu de laisser entrer dans un port italien tout navire transportant des migrants.

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