Samuel Paty : François Hollande dézingue les propositions "irréalistes" et "populistes" de la droite

Samuel Paty : François Hollande dézingue les propositions "irréalistes" et "populistes" de la droite©Panoramic

, publié le dimanche 25 octobre 2020 à 10h04

Dans un entretien à Libération, l'ex-chef de l'État donne son point de vue sur la gestion de l'attentat contre le professeur Samuel Paty, assassiné le 16 octobre dernier à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Une semaine après la mort de Samuel Paty, François Hollande est revenu dans les colonnes de Libération sur cet attentat et en a profité pour s'attaquer à une partie de la classe politique. Pour l'ex-chef de l'État, confronté pendant son mandat à plusieurs attaques terroristes, il faut évidemment frapper fort, tout en respectant le droit et ne pas agir sous le coup de l'émotion ou par calcul politique.

"Il faut frapper les milieux salafistes, qui portent pour le moins une responsabilité morale, et dissoudre les associations qui prônent un islamisme de combat. Mais cette réaction doit se faire dans le respect du droit. Je connais ces situations qui incitent à avancer, sous le coup de l'émotion ou par calcul politique, des propositions qui se révèlent aussi irréalistes qu'inconstitutionnelles", insiste François Hollande.



L'ancien président de la République en avait d'ailleurs fait les frais en voulant instaurer la déchéance de nationalité, en 2015, avant de finalement y renoncer. "À l'expérience, je vous assure qu'il vaut mieux appliquer scrupuleusement et fermement les textes existants plutôt qu'improviser des dispositions de circonstance qui resteront lettre morte", affirme-t-il auprès de Libération.

Une partie du gouvernement dans le viseur

Alors que de nombreuses voix accusent une partie de la gauche de "complaisance" face à l'islam radical, François Hollande, dénonce "des accommodements inadmissibles" d'une "partie minoritaire de la gauche". Mais l'ex-chef de l'État préfère s'attaquer à la droite et à l'extrême droite à l'origine de propositions populistes, souvent impossibles à mettre en œuvre. "On exige l'enfermement des fichés S, alors que nous savons que nul ne peut être interné sans une décision de justice ; on demande l'expulsion des étrangers condamnés, alors qu'il faut pour ce faire obtenir l'accord du pays d'origine ; on prétend revenir sur le regroupement familial, au mépris du droit européen", énumère l'ex-chef de l'État, après avoir pointé une partie de l'exécutif. "Ce sont toujours les mêmes incantations venant des mêmes groupes politiques, dont sont d'ailleurs issus plusieurs membres du gouvernement actuel, notamment le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur", lance ainsi François Hollande. L'ancien président de a République appelle la gauche à se rassembler pour qu'elle soit "fer de lance de cette mobilisation" et puisse avancer ses propositions en matière de lutte contre l'islam radical, d'une seule et même voix.

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