Sahel : la France doit "revoir" son mode d'intervention, estime Arnaud Montebourg

Sahel : la France doit "revoir" son mode d'intervention, estime Arnaud Montebourg
Le candidat à la présidentielle Arnaud Montebourg

publié le dimanche 26 septembre 2021 à 16h15

La France est accusée par le chef du gouvernement malien d'un "abandon en plein vol"

Comment la France doit-elle intervenir au Sahel ? Au lendemain d'accusations contre Paris lancées par le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga, le candidat à la présidentielle Arnaud Montebourg s'est interrogé et a estimé que le mode d'intervention de la France au Sahel est "à revoir".

Invité de l'émission politique de France Inter, Le Monde et FranceInfo, l'ancien ministre socialiste a estimé que la France avait "beaucoup de choses à faire en Afrique, d'abord la développer, y participer". Mais, le pays "n'est aujourd'hui connu qu'à travers des opérations de police internationale contre le terrorisme, qui sont nécessaires. Est-ce qu'elles doivent prendre la forme du maintien de l'opération Barkhane et les milliers d'hommes, et les pertes que nous avons subies ?"


La France, présente au Sahel depuis janvier 2013, a décidé de réorganiser sa présence militaire autour d'un dispositif plus resserré, centré sur des frappes ciblées contre les chefs jihadistes et sur l'accompagnement des armées locales.

Samedi à l'ONU, le chef du gouvernement malien a accusé Paris d'un "abandon en plein vol", la Russie apportant un soutien explicite à sa volonté de "chercher de nouveaux partenaires" dont des "sociétés privées russes" paramilitaires.

La France, l'Allemagne ou l'Estonie ont averti qu'elles réexamineraient leur présence militaire au Mali si un accord était conclu avec le groupe Wagner, un groupe russe soupçonné par Paris d'agir pour le compte du Kremlin.

"Il y a", a relevé Arnaud Montebourg, "un consensus en France pour dire que nous pouvons maintenant imaginer un dispositif allégé, beaucoup plus spécialisé à travers les forces spéciales, qu'une armée qui aujourd'hui passe pour une armée d'occupation -c'est aussi ça le problème-, et qui risque finalement de provoquer ce que toutes les expéditions militaires ont provoqué."

"Le modèle est aujourd'hui à revoir", a-t-il estimé. "Nos armées ont cette conscience de la manière d'être et de se comporter", a-t-il ajouté.

Au total, 52 soldats français ont perdu la vie au Sahel, dont le dernier vendredi

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